Par Idrissa Diallo Bah
Le retour des forces maliennes dans Kidal s’est déroulé sans résistance directe, selon des officiers interrogés par l’Afp. Un convoi parti mardi matin d’Anéfis est entré dans la ville peu avant 13 heures, heure locale. Une source militaire explique que les bombardements préalables avaient progressivement desserré l’emprise de leurs adversaires.
L’état-major avait annoncé, plus tôt dans la journée, des opérations aéroterrestres d’envergure dans la région, avec l’appui des partenaires russes. Il présentait la neutralisation des groupes armés et le rétablissement de la sécurité et de la circulation comme les objectifs de cette offensive.
Le dispositif terrestre s’était renforcé dès le dimanche 4 octobre à Anéfis, à environ une centaine de kilomètres au sud-ouest de Kidal. Selon Le Monde, un important convoi y avait regroupé des militaires maliens, des éléments d’Africa Corps et des combattants de deux mouvements alliés de Bamako, le Mouvement pour le salut de l’Azawad et le Gatia. Plus d’une centaine de véhicules ont ensuite pris la direction de Kidal mardi matin.
Cette concentration de forces a accompagné une campagne aérienne visant Kidal et d’autres localités du nord, notamment Tessalit et Tin Zaouatine.
Le FLA présente son départ comme un « repli stratégique et maîtrisé ». Dans son communiqué, le mouvement affirme avoir voulu protéger les civils encore présents et conserver ses capacités humaines et logistiques. Il qualifie ce retrait de mesure temporaire. Une source militaire de haut rang a, de son côté, confirmé à Anadolu la présence des forces maliennes dans la ville.
La reprise de Kidal constitue un succès symbolique pour le pouvoir d’Assimi Goïta. L’armée en avait été chassée lors de l’offensive d’avril menée par le FLA avec l’appui du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda. Ces attaques coordonnées avaient également frappé d’autres positions militaires dans le pays.
Ce nouveau changement de contrôle intervient dans un Mali confronté depuis 2012 à une crise sécuritaire persistante. Les autorités issues des prises de pouvoir militaires de 2020 et 2021 ont renforcé leur coopération avec Moscou. À Kidal, largement désertée par ses habitants selon les témoignages recueillis par l’AFP, le retour de l’armée ouvre désormais la question de la sécurisation durable de la ville et des conditions de retour des populations.
