Par Hajer Elina
L’ancien administrateur civil a rendu publique son adhésion lors d’un meeting organisé le week-end dernier à Batchieu, son village natal. « Je suis venu au Mrc pour donner le meilleur de moi-même », a déclaré Jean-Marie Tchakui, qui entend désormais mettre son expérience administrative au service de cette formation politique.
L’ancien préfet a notamment annoncé sa volonté de participer à la formation des militants du Mrc. Il a également insisté sur la nécessité de respecter les résultats issus des urnes, un principe qu’il présente comme central dans son nouvel engagement.
Avant son départ à la retraite, Jean-Marie Tchakui avait occupé plusieurs fonctions au sein de l’administration territoriale. Il avait notamment été sous-préfet de Douala 5e, puis de Douala 1er, avant d’être nommé préfet du Koupe-Manengouba en 2019.
Un ralliement à forte portée symbolique
L’adhésion publique d’un ancien préfet à un parti d’opposition constitue un événement politiquement significatif au Cameroun. Les préfets et sous-préfets représentent l’État dans les circonscriptions administratives. Ils assurent notamment le maintien de l’ordre, l’application des décisions gouvernementales et l’encadrement administratif des opérations électorales.
Jean-Marie Tchakui connaît ainsi de l’intérieur le fonctionnement de l’administration territoriale, régulièrement placée au centre des critiques de l’opposition concernant l’exercice des libertés publiques, l’organisation des réunions politiques et la transparence des scrutins.
Son expérience pourrait représenter un atout pour le Mrc dans la formation de ses militants, la préparation de ses représentants électoraux et la maîtrise des procédures administratives. En évoquant le respect des résultats sortis des urnes, l’ancien préfet touche également à l’un des principaux sujets de confrontation entre le pouvoir et le parti de Maurice Kamto.
Fondé en 2012, le Mrc s’est imposé comme l’une des principales formations de l’opposition camerounaise après l’élection présidentielle de 2018. Maurice Kamto, arrivé officiellement deuxième, avait contesté la victoire de Paul Biya et revendiqué la sienne. La crise postélectorale avait débouché sur des manifestations, des arrestations et l’emprisonnement de plusieurs cadres et militants du parti.
Le Mrc avait ensuite boycotté les élections législatives et municipales de 2020, dénonçant l’absence de réforme consensuelle du système électoral et la persistance de la crise dans les régions anglophones. Cette décision l’avait privé de représentation à l’Assemblée nationale et dans les conseils municipaux.
Dans ce contexte, le ralliement de Jean-Marie Tchakui intervient alors que le parti cherche à renforcer son implantation territoriale, à reconstruire ses structures locales et à préparer les prochaines échéances électorales. Son passage de la haute administration à l’opposition pourrait également encourager d’autres anciens responsables de l’État à afficher publiquement leurs choix politiques après leur départ de la fonction publique.
