Par Léopold DASSI NDJIDJOU
Bis repetita! Voici à nouveau 2026 comme 2018 qui commence avec des violences à coloration politique. On se souvient qu’en 2018, dans le septentrion, on avait vu une personnalité de la République jeter en mondovision les effigies du Mrc dans les flammes.
C’était là les signes annonciateurs d’une crise postélectorale qui se mettaient en scène avant l’heure! Si en 2018, il s’agissait de l’élection présidentielle, en 2026, les élections couplées législatives et municipales qui vont se tenir au courant de l’année cristallisent déjà tous les antagonismes. Dans le Bamboutos et en l’occurrence à Mbouda, considéré à tort ou à raison comme le fief du Mrc, les adversaires politiques du cru ne l’entendent pas visiblement de cette oreille et tiennent à le faire savoir. En saccageant les installations pour mettre fin à la réunion, les intrus ont lancé directement une menace au leader du Mrc , promettant de lui répondre par la violence à chaque réunion tant qu’il ne fait pas libérer le départemental de son parti embastillé.
C’est à se demander si les leaders politiques ont des capacités pour ordonner les sorties des détenus des prisons! La préoccupation est aujourd’hui de savoir jusqu’où ce spectre de la violence va s’étendre. Dans les fiefs tenus par les caciques du pouvoir à travers le pays, la crainte la plus vertigineuse est d’être délogé de la Mairie ou de l’Assemblée nationale à l’issue du vote. Après la présidentielle, les politiques au pouvoir redoutent d’être battus à platte-couture à ces élections, échaudés par les résultats peu reluisants de leur champion en octobre dernier. En ligne de mire, les partis politiques tels que le Mrc, l’Udc ou le Fsnc, savent d’ores et déjà qu’ils devront être confrontés à toutes les épreuves pour gagner, mieux arracher des sièges ou les conserver.
Ces signaux de Mbouda exposent à suffire combien ces deux élections seront disputées. D’aucuns parlent du match retour de la présidentielle surtout avec un Mrc particulièrement déterminé si on se fit aux déclarations dans les rangs. Le retour du Mrc à la course semble être une menace très sérieuse pour les sièges du parti au pouvoir. Est-ce suffisant pour justifier cette montée subite d’adrénaline qui se manifeste par un regain de violence ouverte? L’Udc aussi n’est pas en reste. On a vu au cours de la dernière présidentielle le traitement peu amen infligé à la représentante de la candidate dans le Sud, ou les manœuvres frauduleuses dans le grand Nord pour détourner les militants de voter pour leur candidate. L’autre équation est la participation du Fsnc. Une éventuelle participation risque de rétrécir le champ de manœuvres du camp du pouvoir et donc d’exacerber les tensions.
Pour parer à cette éventualité de faire du champ politique un terrain de violence à outrance, il reste à la justice de se saisir des cas de violence à ciel ouvert, et de les punir sans aucune faiblesse. Le silence des autorités pourrait faire des exemples ailleurs. Ce qui serait à coup sûr dommageable à l’heure où les Camerounais sont de plus en plus éduqués sur leurs droits politiques. Il est donc temps de prévenir une autre crise postélectorale en prenant des mesures idoines pour juguler toute forme d’injustice électorale qui charrie une charge incompressible de violence. Il y a lieu de le dire !
