Par Zobel A Mbon
Pour l’autorité religieuse, cette fête survient alors que le pays traverse une phase de mutations profondes : scrutin présidentiel récemment organisé, renouvellement de la composition du Sénat et de l’Assemblée nationale, et première édition de la Fête de l’Unité dans ce nouveau cadre institutionnel. Il a aussi salué l’engagement du Cameroun lors d’une réunion de l’Organisation Mondiale du Commerce, ainsi que l’inauguration du nouveau siège de la Fecafoot, qu’il considère comme une avancée majeure pour la jeunesse sportive.
Ces faits marquants, interpellent le croyant dans son rôle de fidèle et de citoyen. Il a observé que le contexte mondial reste tendu. des tensions autour du détroit d’Ormuz aux conflits qui s’étendent depuis la Libye, avec des répercussions sur le Cameroun à travers les actions de Boko Haram et les interventions extérieures cherchant à fragiliser l’unité nationale, particulièrement dans le Nord et le Sud-Ouest.
Cheikh Moubarak a souligné la différence entre soumission et humiliation. Se soumettre, c’est adhérer volontairement aux normes qui régissent la vie collective : la Constitution, les lois de la République, la Charte des Nations Unies et la Déclaration universelle des droits de l’homme. Ces références, fruit d’un consensus collectif, perdent leur efficacité lorsque les citoyens les ignorent. Négliger ces engagements reviennent selon lui, à fragiliser le contrat social.
Le prédicateur du jour a rappelé que la liberté authentique ne se confond pas avec l’absence de règles. Elle s’appuie sur la rigueur, l’éthique et le respect mutuel. L’épisode du sacrifice d’Abraham et d’Ismaël incarne cette vision : une obéissance sincère ouvre la voie à la clémence divine et consolide la solidarité entre les hommes. Adhérer aux règles partagées, c’est encourager le progrès, l’équité et l’harmonie sociale.
Le guide religieux a exhorté les musulmans du Cameroun à transcender les clivages venus de l’extérieur. Faisant état des divergences au sein de la communauté musulmane mondiale, il a insisté sur le fait que la priorité du croyant camerounais doit rester son pays et ses compatriotes, indépendamment de leur religion, de leur origine ou de leur appartenance politique.
Il a invité la communauté musulmane à contribuer activement au développement en misant sur la formation des jeunes, l’implication dans l’économie locale, la lutte contre la mendicité et une participation citoyenne plus affirmée. À ses yeux, l’analyse objective des programmes politiques doit l’emporter sur les logiques communautaires ou ethniques.
La cérémonie s’est achevée par des prières communes, suivies du sacrifice rituel, moment central qui confère à la Tabaski toute sa signification. Les fidèles de la mosquée de Camp Bertaud ont quitté les lieux apaisés, avec le sentiment d’avoir accompli leur obligation religieuse. Les célébrations se sont ensuite poursuivies en famille, dans un climat de partage et de convivialité propre à cette fête.
Cheikh Moubarak a qualifié cette Tabaski de dernière avant les prochaines élections municipales et législatives. Il a appelé les croyants à placer l’unité, l’entraide et la fraternité au cœur de leur action pour faire face aux défis nationaux et internationaux. Une communauté engagée dans l’éducation, la production économique et la vie civique constitue, selon lui, la meilleure réponse aux divisions qui traversent le monde actuel.
