Par Oumou Fatoumata Diallo
Le président du parti Pastef, Ousmane Sonko, a affirmé mardi l’existence d’un accord politique conclu avec Bassirou Diomaye Faye avant l’élection présidentielle de 2024, alors que les deux hommes étaient encore détenus.
S’exprimant devant la presse, Ousmane Sonko a déclaré : « Je le jure devant Dieu et le Saint Coran, il y a réellement eu un protocole de Cap Manuel », en référence à la prison où les discussions auraient eu lieu.
Selon son récit, cet accord aurait été conclu dans sa cellule alors que circulaient des hypothèses de report de l’élection présidentielle. Sonko affirme avoir rejeté cette option et confirmé son choix de soutenir la candidature de Bassirou Diomaye Faye pour représenter leur camp politique.
L’ancien Premier ministre soutient avoir assuré à son allié de l’époque qu’ils mèneraient ensemble la campagne électorale, remporteraient le scrutin et gouverneraient le pays après leur libération.
Selon les révélations de Sonko, les discussions auraient également porté sur l’avenir politique du Sénégal au-delà du mandat actuel. Il affirme que Bassirou Diomaye Faye lui aurait présenté son quinquennat comme une période destinée à conduire les réformes les plus difficiles avant une éventuelle candidature de Sonko à la présidentielle de 2029.
Le leader de Pastef a également indiqué avoir souhaité formaliser cet engagement en présence de témoins, une proposition qui aurait été déclinée par son interlocuteur. Il affirme que la confiance entre les deux hommes était alors suffisante pour sceller leur accord sans autre garantie.
Dans l’une des déclarations les plus remarquées de sa conférence de presse, Sonko a affirmé que Bassirou Diomaye Faye lui aurait même assuré qu’il serait son « directeur de campagne » lors de l’élection présidentielle de 2029.
Ces révélations interviennent dans un contexte de tensions croissantes entre les deux figures de l’alternance sénégalaise de 2024. Elles alimentent les interrogations sur la nature des accords politiques conclus avant leur arrivée au pouvoir et sur l’avenir de leurs relations au sein de la majorité.
À ce stade, la présidence sénégalaise n’a pas officiellement réagi aux déclarations d’Ousmane Sonko.
Arrêtés en 2023 dans un contexte de fortes tensions politiques, Ousmane Sonko et Bassirou Diomaye Faye avaient été libérés quelques jours avant l’élection présidentielle de mars 2024. Empêché de se présenter, Sonko avait alors apporté son soutien à Diomaye Faye, dont la victoire avait marqué l’arrivée au pouvoir du Pastef et une alternance politique majeure au Sénégal.
