Par Hugo Fouquet
L’un des symboles les plus emblématiques de l’affaire dite des « biens mal acquis » entre dans une nouvelle phase judiciaire. L’Agence française de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc) a annoncé le lancement de la procédure de vente de l’hôtel particulier situé aux 40 et 42 avenue Foch, dans le très chic 16e arrondissement de Paris, anciennement propriété de Teodorin Nguema Obiang Mangue.
Estimé à près de 100 millions d’euros, l’immeuble de près de 4 000 mètres carrés comprend une quinzaine d’appartements de luxe, dont certains dépassent les 400 mètres carrés. Le bien sera cédé par lots à l’issue d’une procédure de sélection des acquéreurs qui s’étalera sur plusieurs mois.
Une première phase de présélection des candidats est ouverte jusqu’au 9 juillet afin de vérifier leur capacité financière. Une seconde phase débutera en septembre, avec la transmission des informations détaillées sur les différents lots et le dépôt des premières offres prévu au début du mois d’octobre.
Cette vente intervient après la condamnation définitive de Teodorin Obiang par la justice française pour blanchiment de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et corruption dans le cadre de l’affaire des « biens mal acquis ». Les magistrats français avaient conclu que l’acquisition de ce patrimoine de prestige avait été financée grâce à des fonds publics détournés de la Guinée équatoriale.
L’enjeu principal réside désormais dans la restitution des fonds issus de cette vente. En vertu de la législation française adoptée en 2021, les sommes récupérées doivent bénéficier aux populations victimes de la corruption. Toutefois, plusieurs organisations non gouvernementales, notamment Transparency International France, mettent en garde contre le risque de voir ces fonds de nouveau détournés, la famille Obiang demeurant toujours au pouvoir à Malabo.
L’affaire des « biens mal acquis » constitue l’un des plus importants dossiers de lutte contre la corruption transnationale traités par la justice française. Les enquêtes avaient mis au jour un patrimoine considérable détenu en France par Teodorin Obiang : voitures de luxe, œuvres d’art, objets de collection et l’hôtel particulier de l’avenue Foch, devenu le symbole des excès de la fortune de la famille présidentielle équato-guinéenne.
Au pouvoir depuis 1979, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est le chef d’État en exercice le plus ancien du monde. Son fils, Teodorin Obiang, est régulièrement présenté comme l’un des principaux prétendants à sa succession à la tête de la Guinée équatoriale.
