Par Iliassou NCHINGOU
Dans le sillage de la Stratégie nationale de développement 2030 (SND30) impulsée par le gouvernement, s’est ébranlé un train qui s’est donné pour locomotive la transformation des produits de base. Cette vision a été concrétisée à Badenkop, localité située dans l’arrondissement de Bangou, département des Hauts-Plateaux, à l’Ouest, avec l’inauguration d’une usine agroalimentaire de la société Meta Invest SA appelée « Denky » le 26 juin 2026. Cette unité de production, portée par son administratrice directrice générale, Lisette Claudia Tame Njambe, a pour ambition d’industrialiser le Cameroun afin de lutter contre l’exode rural et de nourrir les populations. La cérémonie était présidée par le ministre du Commerce, Luc Magloire Mbarga Atangana, qu’accompagnait le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobe.

Elle a enregistré la présence du représentant du gouverneur de l’Ouest, Patrick Suh Ndele, inspecteur général de la région, du maire de la ville de Bafoussam, Roger Tafam, de celui de la commune de Bangou, Paul Sikapin, ainsi que des autorités administratives, traditionnelles, des parlementaires, des directeurs généraux et des opérateurs économiques, entre autres.

Dans son discours d’inauguration, le ministre du Commerce a indiqué que cette réalisation s’inscrit dans le droit fil de la politique de transformation structurelle de notre économie à partir de nos matières premières, notamment agricoles. Dans cette logique, Luc Magloire Mbarga Atangana a affirmé qu’il s’agit là d’un puissant outil qui va permettre à notre pays de tirer pleinement avantage de l’initiative de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). « Une usine moderne. Elle donne le visage de cette économie camerounaise en pleine mutation.

Elle est l’exemple parfait d’une économie circulaire qui exige de produire sur place, de transformer sur place, de consommer sur place avant d’aller regarder ailleurs », a-t-il déclaré. Dans sa vision altruiste de fille d’industriel, Lisette Claudia Tame Njambe a relevé que la richesse se transforme là où elle se trouve : ceux qui exportent les matières premières importent la pauvreté, mais ceux qui transforment leur richesse, leur ressource, exportent la richesse. « Je nourris pour mon pays une vraie ambition et il est de notre responsabilité de le développer. À l’ère de la vulgarisation du savoir et du savoir-faire, nous n’avons plus de raison de ne pas être capables d’offrir au Cameroun des réalisations comme celle-ci », a expliqué Lisette Claudia Tame Njambe, promotrice.
Au total, cette usine, bâtie sur un site de 5 000 mètres carrés, est appelée à transformer 500 tonnes de maïs par an, 5 000 tonnes de sucre, 300 tonnes de plantain et de pommes de terre, 200 tonnes de fruits et légumes et 200 tonnes de porc, pour 150 emplois directs et 200 indirects. Ainsi, les producteurs locaux ont donc un endroit pour écouler leurs produits, pour qu’enfin le Cameroun puisse conquérir la sous-région d’Afrique centrale et la ZLECAF à travers l’import-substitution.
Une usine pour la transformation des produits locaux.
