Par Serge Aimé BIKOI
Dès l’ouverture de l’audience à 12h et 20mn, le 33ème témoin de l’accusation, Jean Pierre Ouloumou, a, de nouveau, fait face à diverses questions de la défense, mettant en parallèle des faiblesses et des insuffisances de son rapport technique. Le lieutenant-colonel, Justin Danwe, est au centre des joutes. Mené par Me Jacques Mbuny, son conseil, le premier contre-interrogatoire s’est concentré sur les interactions et la nature des échanges entre Léopold Maxime Eko Eko, ancien patron de la Dgre(Direction générale de la recherche extérieure) et l’ancien directeur des opérations, J. Danwe. J.P. Ouloumou a confirmé avoir connaissance de la poursuite de cet officier de l’armée camerounaise pour assassinat et a soutenu que les rapports entre l’ancien Dg de la Dgre et l’ex patron des opérations étaient strictement professionnelles. “Les conversations entretenues entre Léopold Maxime Eko Eko et Justin Danwe entre le 11 et le 26 janvier 2023 (période entourant l’assassinat du journaliste) n’étaient pas liées à l’affaire Martinez Zogo”, indique l’expert.
Se précipitant à dire s’il reconnaissait la participation active de J..Danwe à l’assassinat de Martinez Zogo, l’expert a décidé de garder mutisme. “Je ne réponds pas à cette question”. Le président du tribunal l’a même sommé de répondre à cette question. Illico presto, Ouloumou a réagi par la négative. Les interactions avec Martin Savom et la piste du second commando ont, dans la même veine, été récusées. Me Clément Ananga, avocat de Martin Savom, ancien maire de la commune de Bibey, a, par la suite, pris la parole avant d’interroger l’expert sur ses relations avec son client. L’expert a admis avoir voyagé avec lui en Israël et a dit l’avoir croisé dans un restaurant à Bastos. Il a révélé avoir sollicité la rescousse de ce dernier pour obtenir une autorisation de sortie du territoire, alors refusée par sa hiérarchie de l’époque. Relancé par Me Marcellin Elanga sur la thèse d’un deuxième commando, l’expert a été ferme : “Il faut laisser tomber cette histoire de second commando, Maître”. Un rapport qualifié de “bâclé, indigeste et de léger”, estime Me Mireille Nimelong. Interpellé par cette autre avocate de M.Savom sur le manque de temps et de moyens financiers pour parachever ses travaux, le 33ème témoin de l’accusation estime avoir fait son travail. À la question relative au crédit à accorder à son travail, il a rétorqué: “Donnez le crédit qu’il faut!”. Toute chose ayant suscité l’hilarité en salle d’audience. À Me M. Nimelong qui réitère que son travail d’expertise est “bâclé” “indigeste”, Ouloumou a réagi : “Vous avez le droit de continuer”. Une fois encore rire dans la salle.
Invité par le Président du tribunal, le colonel Jacques Misse Njone à expliquer pourquoi il avait qualifié la victime, Martinez Zogo, de “personnage à renommée assez controversée”, l’expert a voulu éluder cette question “Ignorons ce passage”, avant d’être rappelé à l’ordre par le maître de céans : “Monsieur l’expert, il faut répondre à toutes les questions”. Prenant la parole à son tour, Me Charles Tchoungang, conseil de Jean-Pierre Amougou Belinga, patron du groupe L’Anecdote, et Bruno Bidjang, ancien directeur général du groupe de médias Voisin 4, Satellite Fm et l’Anecdote, a, simplement , relevé que les conclusions de l’expert contribuent à innocenter ses clients. D’où l’option de son silence. “Pour nos clients, nous n’avons pas de questions à poser à cet expert, car nous sommes en parfait accord avec ses conclusions”, explique l’ancien Bâtonnier de l’ordre des avocats. Place a été faite, par la suite, à l’ancien patron de la Dgre qui a procédé à la cross-examination de l’expert. L.M. Eko Eko a, singulièrement, posé des questions visant à montrer les relations entre le défunt Martinez Zogo et certaines personnalités publiques. Il est revenu sur certaines constatations de l’expert qui ont trait aux échanges entre le journaliste et le ministre d’État Secrétaire général de la présidence de la République, ainsi qu’entre lui et son épouse. Succombant à une lassitude, J.P. Ouloumou ne répondait plus normalement aux questions qui lui étaient posées par le commissaire divisionnaire Eko Eko. L’audience a été suspendue à 15h et 40mn pour une durée de 30 minutes. C’est à la reprise que l’ex Dg de la Dgre n’a pas manqué de révéler, in fine, qu’il est victime, ces derniers temps, des menaces de mort et qu’il espère être présent et vivant ce mardi à l’audience et à d’autres audiences afin de permettre la manifestation de la vérité sur l’affaire liée à l’assassinat de l’ancien chef de chaîne de Amplitude Fm.
Le tribunal a terminé avec le 33 témoin, l’expert J.P. Ouloumou.
Ses deux rapports ont été admis par le tribunal sous la marque d’identification Pac 1 volume 1 et Pac 2 volume 2. Aussitôt appelé à la barre, le 34ème témoin de l’accusation, le colonel Jean Pierre Otoulou, commandant de la légion de gendarmerie du Littoral et membre de la commission mixte d’enquête police/gendarmerie, a été identifié et a prêté serment. Mais l’audience a été suspendue à 19h00, pour être reprise ce mardi, 14 juillet 2026 pour l’examination in chief. Cette suspension fait suite à la demande de Me Hossana, parce que son client, L.M. Eko Eko, est souffrant et doit prendre ses médicaments en début de soirée.
