Par Ilyass Chirac Poumie
Dans son texte, l’universitaire s’interroge sur les conséquences institutionnelles des absences prolongées du chef de l’État hors du territoire national. Selon lui, ces séjours, présentés comme privés, créent un climat d’incertitude au sommet de l’État et nourrissent les interrogations de l’opinion publique quant à l’exercice effectif du pouvoir présidentiel.
Le professeur rappelle que la Constitution confie au président de la République la mission de garantir le fonctionnement régulier des institutions et la continuité de l’État. Il estime que le manque de communication officielle autour de ces absences favorise les spéculations et fragilise la confiance des citoyens dans les institutions.
Son analyse revient également sur les notions de vacance du pouvoir et d’empêchement prévues par la Constitution camerounaise. Il relève que le texte fondamental comporte, selon lui, des imprécisions sur les conditions et les procédures permettant de constater de telles situations, créant ainsi une insécurité juridique susceptible d’alimenter les crises institutionnelles.
Face à ces zones d’ombre, Jean Calvin Aba’a Oyono appelle le Conseil constitutionnel à exercer pleinement sa mission d’interprétation de la Constitution afin de clarifier les règles applicables dans les situations exceptionnelles. Il estime qu’une intervention plus affirmée de cette institution contribuerait à renforcer l’État de droit et à garantir la continuité de l’État.
Cette prise de position intervient alors que l’absence prolongée du président Paul Biya continue de susciter de nombreuses réactions dans les milieux politiques, universitaires et au sein de la société civile, relançant le débat sur les mécanismes constitutionnels encadrant l’exercice du pouvoir suprême au Cameroun.
