Par Joseph OLINGA N.
La formule semble de mise chez les cadres proches du Comite central du Rassemblement démocratique du peuple camerounais. Maires, députés, sénateurs et autres cadres siégeant dans le Comite central et bureau politique du parti présidentiel déclament à l’envie que « Le secrétaire général n’a pas convoqué un congrès du parti. » Comme pour donner du change aux suspicions de reconfiguration du sommier des cadres de proximité du Rdpc qui fait flores dans les milieux meme du parti créé par Paul Biya, un cadre proche du pool de communication officiel coordonné par le comité central du parti explique que
« Le secrétaire général a convoque les chefs de délégation régionaux, départementaux et les chargés de missions. » Un aéropage qu’un autre interlocuteur proche de la hiérarchie du parti présidentiel présenté comme « Un regroupement plus large de personnes considérées des proches collaborateurs du secrétaire général. »
Comme une antienne, les sources approchées, ou presque toutes, soulignent que les rencontres organisées en informel dans les démembrements locaux du Rdpc
« ont pour objectif de produire des données susceptibles de présenter des candidatures représentatives du parti aux prochaines élections municipales et législatives. »
Un processus dont le parachèvement est prévu ce 22 juillet à Yaoundé. Sauf que la rencontre organisée en l4absence du chef de file du Rdpc, Paul Biya suscite moult interprétations au sein du parti etdans l’opinion.
Faire le Rdpc sans Paul Biya
Le contexte sociopolitique au sommet de l’Etat n’est pas étranger aux postures suspicieuses qui entourent « La séance de travail » organisée par le secrétaire général du Rdpc, Jean Nkuete. Rarement le parti n’a engagé les désignations de ses candidats en l’absence de son chef de file. La reconfiguration du sommier des élus du Rdpc qui intervient alors meme que son président national, selon de nombreuses sources, présentent des signes de fatigue liés a son état de santé précaire n’est pas pour arranger les choses dans l’environnement conflictogène que connait le sérail et le Rdpc en particulier.
Si officiellement la légitimité des élites du Rdpc repose sur les textes de base de la formation politique reformée le 24 novembre 1985 à Bamenda, il n’en demeure pas moins, dans les faits que la pertinence réelle du bureau politique, du comité central, des structures intermédiaires et des élus locaux dépend du pouvoir discrétionnaire de son président national, Paul Biya. Du coup, il apparait peu de dire que l’existence même du parti semble résolument accoudée au bon vouloir de son créateur. L’observation des dénis règlementaires du parti vis-à-vis du mandat de son président national dont le mandat est échu depuis l’année 2011, faute d’un congrès qui aurait permis au parti d’être en conformité avec ses textes.
La grogne de la base
Nul doute qu’en initiant le processus de désignation des candidats du Rassemblement démocratique pour les prochaines élections municipales et législatives, le secrétaire général du parti présidentiel sait mieux que quiconque que l’équation implique la prise en compte des appétits des clans du palais dans la redistribution des « parts » au sein des collectivités territoriales décentralisées.
La reconfiguration du sommier des élus du Rdpc envisagée par son secrétaire général, Jean Nkuete achoppe aussi sur la grogne qui enfle dans la base du parti. Les dénonciations observées dans la désignation des candidats du Rdpc aux postes électifs se sont depuis lors muées en menaces pour la victoire escomptée par le parti dans la perspective des élections locales. Des militants qui dénoncent les déficits de légitimité démocratique provoqués par les cadres du comité central mais aussi sa recevabilité démocratique.
