Par Joël Onana
Selon les informations recueillies, les faits se sont produits mercredi dernier à la décharge située en face du lycée bilingue du Génie militaire de Douala. Un camion en provenance de Sic Cacao y a été dirigé vers la zone réservée aux déchets non dangereux, son conducteur ayant indiqué qu’il transportait du sable.
Au moment du déchargement, un vent a dispersé une fine poudre qui s’est immédiatement répandue sur plusieurs employés présents sur le site, dont Christian Mbiock. Les travailleurs ont subi de graves brûlures provoquées par cette substance, dont la nature exacte reste à déterminer.
Les victimes ont d’abord été évacuées vers l’hôpital de la Cité des Palmiers avant d’être transférées à l’hôpital général de Douala. Christian Mbiock est décédé deux jours plus tard des suites de ses blessures. Une autre victime a également succombé, tandis que les deux survivants poursuivent leur prise en charge en soins intensifs.
Cette affaire soulève de nombreuses interrogations sur la nature réelle du produit transporté et sur les conditions dans lesquelles il a été déclaré. La SECA, filiale de Hysacam spécialisée dans le traitement des déchets industriels, n’a pas souhaité s’exprimer publiquement sur le dossier. D’après les informations rapportées, l’entreprise évoque de simples « peaux de cacao réduites en cendre » provenant de Sic Cacao.
La famille de Christian Mbiock affirme, de son côté, n’avoir obtenu aucune explication satisfaisante. Elle indique avoir elle-même informé la SECA du décès du jeune homme. L’entreprise aurait ensuite pris en charge les frais d’hospitalisation sans en informer les proches, tout en évitant tout échange direct avec la famille.
Les proches dénoncent également des pressions visant à organiser rapidement les obsèques sans qu’une autopsie ne soit pratiquée. Une proposition que la famille a rejetée, estimant que les circonstances du décès doivent être pleinement éclaircies avant toute inhumation.
Âgé de seulement 24 ans, Christian Mbiock était présenté comme le principal soutien financier de sa mère. Son décès plonge aujourd’hui sa famille dans une profonde détresse et renforce les appels à l’ouverture d’une enquête afin d’établir les responsabilités et de faire toute la lumière sur ce drame industriel.
