Par Ilyass Chirac Poumie
Cette initiative intervient dans un contexte politique particulièrement tendu, à quelques mois de la prochaine élection présidentielle. Si le dossier est jugé conforme aux dispositions de la loi sur les partis politiques, le RENA pourrait rejoindre la centaine de formations déjà enregistrées au Cameroun, même si la création de nouveaux partis demeure soumise à une autorisation administrative du MINAT.
Aboubakar Ousmane Mey s’est imposé ces dernières années comme l’un des critiques les plus virulents du ministre de l’Administration territoriale, Paul Atanga Nji. Il s’était notamment illustré par son combat en faveur du rapatriement au Cameroun de la dépouille de l’ancien président Ahmadou Ahidjo, décédé en exil à Dakar en 1989, une revendication qui lui avait valu une forte visibilité dans le nord du pays.
En 2025, l’opposant avait fait la une de l’actualité après avoir été interpellé par des hommes en tenue peu après une émission diffusée sur Equinoxe TV. Lors de cette intervention, il avait affirmé travailler à la chute du régime de Paul Biya, allant jusqu’à déclarer que son plan était « réalisé à 80 % ». Ces propos avaient conduit le MINAT à l’accuser d’appel à l’insurrection, tandis que le ministre Paul Atanga Nji annonçait l’ouverture d’une enquête à son encontre.
Son arrestation, qualifiée d’enlèvement par ses soutiens, avait suscité de nombreuses réactions au sein de l’opposition et des organisations de défense des droits humains, qui dénonçaient une restriction de la liberté d’expression et de l’activité politique.
Le dépôt du dossier de légalisation du Rendez-Vous National (RENA) marque ainsi une nouvelle étape dans le parcours politique d’Aboubakar Ousmane Mey. Il reste désormais à savoir si le ministère de l’Administration territoriale donnera une suite favorable à cette demande, dans un climat où la question du pluralisme politique continue d’alimenter le débat public au Cameroun.
