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Cameroun | Paul Biya en Europe: Cacophonie gouvernementale à Yaoundé

Le numéro un camerounais a quitté le pays le 7 juin, en informant ses compatriotes à travers un communiqué qu’il va en Europe pour un court séjour privé. Depuis lors, chaque annonce venant du sérail étonne et détonne.

by world top news
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Par Léopold DASSI NDJIDJOU

C’est un vocable usuel bien connu des Camerounais venant du palais de l’Unité du quartier Etoudi à Yaoundé. “Court séjour privé en Europe”, c’est ainsi que Paul Biya au cours de son long magistère s’adresse aux Camerounais quand il se déplace à son compte pour le vieux continent. Il en était toujours ainsi et tout allait bien jusqu’à ce que la Bas fasse son entrée fracassante sur la scène en troublant régulièrement la quiétude du couple présidentiel au bord du lac Léman ou même à Paris à l’hôtel Meurice. Seulement, il y a quelque temps que la Bas s’est assagie en s’abstenant de traquer le président Paul Biya lors de ses séjours en Europe.

Alors qu’on croyait que tout était définitivement rentré dans l’ordre et que le chef de l’Etat camerounais pouvait jouir librement de ses “courts séjours privés en Europe”, Jeune Afrique, l’hebdomadaire parisien, la pris la relève de nuisance le 17 juin 2026 en annonçant que Paul Biya a été pris en charge dans une clinique privée à la suite d’un prétendu malaise survenu lors de la fête nationale du 20 mai. Cette sortie du journal du regretté Bechir Ben Yamed sème comme une sorte de panique à Yaoundé. Le lendemain, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, René Emmanuel Sadi, contre-attaque en publiant un communiqué pour démentir formellement toute hospitalisation, qualifiant ces informations de conjectures infondées tout en confirmant le séjour du chef de l’État à Genève. La chute de son communiqué rassure l’opinion en affirmant que “Paul Biya va regagner le Cameroun dans les plus brefs délais”. C’est noté. 10 jours et un mois plus tard, le président de la République n’est pas toujours rentré. On en était là à s’interroger sur le sens réel de “plus bref délais”, “ court séjour “ qu’un autre membre du gouvernement a jeté un gros pavé dans la mare de Yaoundé.

Grégoire Owona, le ministre du Travail et de la sécurité sociale et par ailleurs secrétaire général adjoint du Comité central du Rdpc, parti au pouvoir, a annoncé le 27 juillet dernier que Paul Biya bénéficie de son congé annuel.“Il a donc droit à un congé annuel qu’il serait, pourquoi pas, en train de prendre et qui pourrait durer 80 jours légalement (voir loi régissant Code du Travail). Game Over“, écrit -il. Le président de la République de par ses fonctions, obéit-il au Code du Travail? N’est-ce pas de la Constitution et rien que de la Constitution dont il est par ailleurs le garant, qu’il tire toute la légalité de ses missions au quotidien ? Un président de la République fonctionnaire ou agent de l’État, comment cela peut-il se comprendre?

Questionnements

Pourquoi le ministre directeur du Cabinet civil n’avait -t-il pas directement annoncé que le chef de l’Etat est en congé annuel pour une durée de 80 jours? Pourquoi le porte-parole du gouvernement, Emmanuelle Sadi parle -t-il de “plus brefs délais”?
Une chose est certaine, la communication autour du voyage de Paul Biya en Europe est plus que décousue et laisse entrevoir qu’il y a un non-dit quelque part. Toujours est-il que dans une communication officielle, les démons et les esprits les plus remuants naissent dans les ténèbres des mots, grandissent dans l’étouffement des mots qui appellent à la transparence et à la clairvoyance des situations troubles.

Quand elles perdurent, à l’heure où tout le monde veut expliquer l’inexplicable, c’est alors en ce moment-là que ces esprits errants maléfiques investissent l’espace public pour saccager à tout va la foi des citoyens aux institutions . Le président Paul Biya est un homme et de ce fait, il peut tomber malade et se faire soigner. Le Souverain Camerounais qui l’a élu le sait et ne demande qu’à savoir ce qu’il en est de lui depuis son départ du pays le 7 juin dernier. S’il est malade, cette situation n’enlève rien à la légalité de sa fonction si cela n’handicape pas l’exercice contraignant du pouvoir. Tout le mal viendrait du manque de concertation entre ses lieutenants. Le court séjour du départ est devenu par la suite “brefs délais”, et aujourd’hui ‘le congé annuel du président de République”. What next ?

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