Par Madani Charaf
Selon des sources proches des négociations, le plan élaboré par Mascate et soutenu par plusieurs États du Golfe prévoyait la mise en place d’un mécanisme commun de gestion, incluant un système de redevances volontaires payées par les navires afin de financer la sécurité de la navigation, les opérations de surveillance et la protection de l’environnement, sur un modèle comparable à celui du détroit de Malacca.
Mais un haut responsable iranien a affirmé que cette proposition « n’a aucune chance d’aboutir ». Téhéran estime qu’un partage de la gestion du détroit, selon un modèle de type « 50/50 », est incompatible avec ses intérêts stratégiques et sa souveraineté. Les autorités iraniennes continuent de revendiquer le contrôle de l’ensemble des voies d’entrée et d’une partie des voies de sortie du détroit, en s’appuyant sur leur position géographique et leurs eaux territoriales.
L’Iran a néanmoins salué le rôle de médiateur joué par Oman, tout en précisant que toute solution devra reconnaître son rôle prépondérant dans la gestion du détroit d’Ormuz. Téhéran a présenté une contre-proposition qui lui accorderait une influence nettement plus importante que celle envisagée dans le projet omanais.
Le rejet de cette initiative complique les efforts engagés pour normaliser le trafic dans le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % des exportations mondiales de pétrole. Depuis le début de la crise régionale, les perturbations de la navigation ont alimenté les inquiétudes des marchés énergétiques et des grandes puissances importatrices de pétrole, qui suivent de près l’évolution des discussions entre Téhéran, Oman et les autres États du Golfe.
