Par Joël Onana
Cette décision intervient dans un contexte particulier. Le général d’armée René Claude Meka, chef d’état-major des armées depuis septembre 2001 et âgé de 87 ans, n’a plus effectué d’apparition publique depuis plusieurs semaines. Des informations relayées par plusieurs médias évoquent des problèmes de santé et une réduction progressive de ses activités, sans qu’aucune communication officielle ne soit venue confirmer ou démentir ces informations.
Dans l’organisation militaire camerounaise, le major général est une pièce maîtresse de la chaîne de commandement. Il coordonne les activités de l’État-major des armées, supervise les opérations interarmées et assure, en pratique, une partie importante de la conduite quotidienne des forces. En cas d’indisponibilité du chef d’état-major, il constitue l’un des principaux relais du commandement.
L’absence de nomination immédiate d’un nouveau major général alimente ainsi les interrogations sur le fonctionnement de la haute hiérarchie militaire, d’autant que le président Paul Biya, chef suprême des armées, se trouve lui-même hors du territoire national depuis le 7 juin 2026. Cette concomitance entre l’absence prolongée du chef de l’État, les interrogations autour du général Meka et le départ du major général Tchemo nourrit les spéculations sur la gouvernance de l’appareil sécuritaire.
À ce stade, aucune indication officielle ne permet toutefois de conclure à une rupture de la chaîne de commandement. Les forces de défense continuent de fonctionner sous l’autorité des états-majors centraux et des commandements territoriaux, tandis que le ministère de la Défense n’a publié aucun communiqué expliquant les raisons de l’absence de remplacement du major général.
Pour plusieurs observateurs, cette vacance à un poste aussi stratégique revêt néanmoins une dimension particulière dans le contexte politique actuel. Elle relance le débat sur les mécanismes de continuité du commandement militaire à un moment où les plus hautes autorités civiles et militaires du pays font l’objet de nombreuses interrogations.
