Par Malone Swift
Les images obtenues par la presse locale montrent le conducteur en train d’être frappé à plusieurs reprises après avoir annoncé le montant du ticket, fixé à 2,25 dollars. Selon Metro, l’opérateur avait également averti l’homme qu’il ne pouvait pas monter à bord avec une boisson alcoolisée ouverte et lui avait demandé de reculer derrière la ligne jaune. En quelques secondes, l’homme s’est mis à l’insulter avant de le gifler puis de le frapper à coups de poing en passant la main autour du dispositif de protection installé dans la cabine. Le chauffeur a été soigné pour des blessures sans pronostic vital engagé. La police, qui enquête pour coups et blessures volontaires de second degré, a diffusé des photos issues de la caméra de surveillance du bus et appelle toute personne reconnaissant l’agresseur à la contacter.
Cette agression suscite la colère du syndicat représentant les chauffeurs. « Plus j’enquête sur cette affaire, plus je suis en colère », a réagi Raymond Jackson, président de la section locale 689 de l’Amalgamated Transit Union (ATU). En mai, le syndicat avait adressé une lettre au directeur général de Metro, Randy Clarke, pour dénoncer le retour d’une consigne demandant aux chauffeurs d’annoncer eux-mêmes le tarif aux usagers, une pratique qu’il juge risquée pour leur sécurité. Randy Clarke a de son côté qualifié d’inacceptable toute agression contre un employé de Metro, rappelant que l’agence a investi plus de 15 millions de dollars dans des dispositifs de protection pour les chauffeurs, avec environ 450 bus entièrement vitrés et le reste de la flotte protégée à hauteur de 85 %.
Cette agression intervient quelques jours seulement après que Metro a mis en avant, lors d’une communication publique, une baisse générale de la criminalité sur l’ensemble de son réseau — bus, métro et parkings — au cours des douze derniers mois, evoquant notamment un recul de moitié des agressions contre les chauffeurs en deux ans. Elle survient également dans un contexte de tensions autour de la politique de lutte contre la fraude au ticket, Metro ayant relancé depuis le printemps une consigne demandant aux chauffeurs d’annoncer eux-mêmes le tarif aux usagers, une mesure que le syndicat des chauffeurs juge porteuse de risques accrus de confrontation.
