Par Martin Lemur
Une douzaine d’entrepôts appartenant à Wildberries, premier distributeur en ligne russe, ont été touchés depuis le 18 juillet, notamment dans les régions de Samara, de Riazan et de Vladimir, provoquant plusieurs incendies. Kiev accuse l’entreprise de participer à l’effort de guerre russe. Dans la nuit du 1er au 2 août, des drones ukrainiens ont également frappé la raffinerie de Saratov et la base aérienne d’Engels, qui abrite des bombardiers stratégiques russes, déclenchant des incendies sur les deux sites ; deux personnes ont été tuées dans les frappes annexes sur des habitations civiles. Le ministère russe de la Défense affirme que ses défenses antiaériennes ont intercepté plusieurs centaines de drones ukrainiens en une seule nuit lors de ces vagues d’attaques.
Le 3 août, un drone s’est abattu sur une plage bondée de vacanciers à Arkhipo-Ossipovka, une station balnéaire de la mer Noire proche de Guelendjik, faisant sept morts, dont trois enfants, et une quarantaine de blessés. Les autorités russes ont dénoncé un « acte terroriste » délibéré contre des civils, tandis qu’un responsable ukrainien a évoqué des débris provoqués par la défense antiaérienne russe elle-même ; les circonstances exactes restent disputées.
Côté russe, le président Volodymyr Zelensky affirme disposer de renseignements selon lesquels le Kremlin prépare une nouvelle vague de mobilisation, pouvant concerner entre 300 000 et 500 000 personnes, qui serait déclenchée début octobre, après les élections législatives russes du 21 septembre, afin d’éviter tout impact sur le scrutin. Moscou dément pour l’instant tout projet de ce type. L’Institute for the Study of War relève de son côté que le ministère russe de la Défense réorganise ses forces pour tenir dans la durée un conflit de position, plutôt que de viser de nouvelles percées territoriales rapides.
Cette escalade s’inscrit dans un plan approuvé fin juin par Volodymyr Zelensky, une phase de 40 jours d’opérations de renseignement et de frappes à moyenne et longue portée destinée à faire pression sur Moscou pour l’amener vers des négociations de paix. Les frappes contre les infrastructures pétrolières et logistiques russes, que Kiev qualifie de « sanctions à longue portée », se sont multipliées tout au long de 2026, provoquant des tensions sur l’approvisionnement en carburant en Russie. Du côté russe, les services ukrainiens estiment que Moscou peine à atteindre ses objectifs de recrutement de contractuels — un manque évalué à environ 30 000 hommes sur les trois premiers mois de 2026 — ce qui alimente les spéculations sur un retour à une mobilisation plus large, plus de quatre ans après le déclenchement de l’invasion.
