Par Hajer Elina
De Genève à Yaoundé, en passant par Paris, Samuel Mvondo Ayolo est devenu l’un des hommes incontournables du dispositif entourant Paul Biya. Jeune Afrique lui consacre ce mercredi 12 août un portrait qui le présente comme le « gardien du temple Biya », à un moment où l’absence prolongée du président camerounais aiguise les rivalités au sein du sérail.
Lorsque Paul Biya quitte Yaoundé le 7 juin pour un « court séjour privé en Europe », Samuel Mvondo Ayolo fait officiellement partie de la délégation restreinte qui l’accompagne, aux côtés notamment du vice-amiral Joseph Fouda et du chef du protocole d’État Simon Pierre Bikélé. Sa présence est confirmée par la présidence de la République elle-même.
Depuis, le directeur du cabinet civil se retrouve en première ligne pour défendre la communication officielle autour du chef de l’État. Face aux informations et rumeurs circulant dans les médias et sur les médias sociaux concernant l’état de santé de Paul Biya, Mvondo Ayolo a publiquement assuré que le président n’avait été ni hospitalisé ni opéré et qu’il continuait de travailler sur ses dossiers.
Cette position lui confère un rôle particulièrement sensible dans un palais d’Etoudi où plusieurs centres de pouvoir coexistent. Tandis que Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la présidence, demeure au centre de l’appareil administratif à Yaoundé, Mvondo Ayolo bénéficie de sa proximité physique avec Paul Biya durant son séjour en Europe. Dans le contexte actuel, contrôler l’accès au président et transmettre sa parole constituent des leviers considérables.
Le diplomate connaît parfaitement les réseaux européens. Avant son arrivée au cabinet civil, il a été ambassadeur du Cameroun au Gabon, puis ambassadeur à Paris. Paul Biya le nomme directeur du cabinet civil le 2 mars 2018, en remplacement de Martin Belinga Eboutou. Il occupe depuis cette fonction avec rang de ministre.
Son influence prend une dimension supplémentaire alors que l’absence du chef de l’État nourrit désormais ouvertement les manœuvres autour de l’après-Biya. Africa Intelligence faisait état, fin juillet, d’une accélération de la bataille de succession et de rivalités entre plusieurs composantes du pouvoir, pendant que Paul Biya demeurait en Suisse.
Dans cet environnement où chaque communiqué, déplacement ou accès au président est scruté, Samuel Mvondo Ayolo reste fidèle à une méthode qui a marqué toute sa carrière : peu de déclarations, une grande discrétion et une proximité constante avec le centre du pouvoir. Mais l’exceptionnelle absence de Paul Biya l’a progressivement fait sortir de l’ombre. Celui qui était chargé de protéger l’intimité institutionnelle du président est désormais devenu l’un des principaux visages de sa présence à distance.
