Par Christopher Dumfries
Un mémorandum attribué à l’administration judiciaire demandait à l’ensemble du personnel de ne pas se rendre au travail. À Lusaka, les grilles du complexe abritant la Cour suprême et la Cour constitutionnelle sont restées fermées, sous surveillance policière. Certaines installations judiciaires ont également été entourées de rubans portant la mention « Crime Scene ».
Cette fermeture est intervenue quelques heures avant l’expiration du délai constitutionnel de sept jours accordé aux candidats pour contester les résultats de l’élection présidentielle du 13 août. Brian Mundubile, arrivé deuxième, avait annoncé son intention de saisir la Cour constitutionnelle pour dénoncer des irrégularités dans le déroulement du vote, le dépouillement, la transmission et la proclamation des résultats.
La Commission électorale a attribué environ 60 % des voix à Hakainde Hichilema, contre 38 % à Brian Mundubile. Le président sortant a ainsi obtenu un second mandat.
L’Association du barreau de Zambie a demandé le rétablissement immédiat de l’accès aux tribunaux. Son président, Arnold Kaluba, a déploré l’absence d’une communication officielle précisant l’étendue géographique, la durée et le fondement juridique de la fermeture. Le mémorandum consulté par les avocats n’était pas signé et aucun dispositif alternatif n’avait été annoncé pour le traitement des procédures urgentes.
La police a indiqué que des évaluations sécuritaires étaient en cours, sans préciser la nature de la menace. Le parti présidentiel affirme, pour sa part, que Brian Mundubile reste libre d’emprunter toutes les voies de recours prévues par la loi. Reuters, Zambia Monitor
Le scrutin présidentiel du 13 août s’est déroulé dans un climat de fortes tensions. La mission d’observation électorale de l’Union européenne a relevé des problèmes de transparence, notamment des retards, des manquements dans la consignation des résultats et une présence militaire ayant limité l’accès de certains observateurs aux opérations de dépouillement.
Deux rapports d’observateurs indépendants ont également estimé que le score d’Hakainde Hichilema avait pu être gonflé, tout en considérant qu’il aurait probablement remporté l’élection. Le chef de l’État rejette toute accusation de fraude.
La crise s’est aggravée après l’arrestation de plusieurs responsables et militants de l’opposition. Onze personnes ont été interpellées lors d’une opération des forces de sécurité au domicile de Brian Mundubile, quelques heures après le scrutin. L’ancien ministre et député d’opposition Mutotwe Kafwaya a été tué pendant cette intervention.
Brian Mundubile a ensuite été convoqué par la police dans le cadre d’une enquête sur de supposées menaces contre la sécurité nationale. L’opposant dénonce des accusations fabriquées pour l’empêcher de contester les résultats. Le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a appelé les autorités zambiennes à respecter les garanties judiciaires et à mettre fin aux arrestations arbitraires. Reuters
