Par Ilyass Chirac Poumié
Emmanuel Macron s’est entretenu mercredi 16 septembre avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et l’émir du Qatar, Tamim ben Hamad Al Thani. Ces discussions interviennent après ses échanges, en début de semaine, avec le Premier ministre irakien. Paris place au centre de ces consultations la sécurisation de la production et des infrastructures énergétiques ainsi que la circulation des navires dans le détroit d’Ormuz.
L’enjeu est directement économique pour la France. Le Brent reste au-dessus de 100 dollars le baril : il s’échangeait autour de 104 dollars jeudi, malgré un reflux provoqué notamment par les efforts de l’Arabie saoudite pour acheminer davantage de brut via le port de Sohar, à Oman. Les marchés restent sous tension en raison des perturbations qui affectent les grandes voies d’exportation du Golfe.
En France, les conséquences sont déjà visibles. Le diesel atteignait mercredi environ 2,15 euros le litre en moyenne nationale et approchait trois euros dans certaines stations. Le gouvernement de Sébastien Lecornu a parallèlement décidé de prolonger jusqu’à la fin de l’année les aides ciblées aux secteurs professionnels particulièrement touchés par l’envolée des carburants.
Pour Emmanuel Macron, la priorité immédiate est donc de rétablir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz. La France travaille depuis plusieurs mois avec ses partenaires dans le cadre d’une initiative multinationale lancée avec le Royaume-Uni. Une cinquantaine d’États non-belligérants avaient participé en avril à une conférence consacrée à la sécurisation de cette voie maritime stratégique et à l’accompagnement des navires marchands lorsque les conditions le permettront.
Paris cherche parallèlement à multiplier les itinéraires permettant au pétrole du Golfe de contourner les zones les plus exposées. L’Arabie saoudite utilise notamment des capacités alternatives vers Oman, tandis que la remise en service complète de son oléoduc Est-Ouest reste particulièrement surveillée par les marchés après les récentes attaques qui l’ont affecté.
Cette stratégie s’inscrit dans la continuité des discussions franco-saoudiennes. Le 25 août, Paris et Riyad avaient déjà officiellement appelé au rétablissement d’une navigation normale dans le détroit d’Ormuz, sans restrictions de passage ni péages supplémentaires. Lors de ses échanges avec Bagdad cette semaine, Emmanuel Macron a également réaffirmé avec les autorités irakiennes leur attachement à la liberté de navigation et à la sûreté maritime.
« Quand le pétrole est sous pression, les prix à la pompe grimpent », a déclaré Emmanuel Macron. Pour l’Élysée, l’équation est désormais claire : réduire les tensions dans le Golfe, protéger les installations énergétiques, diversifier les routes d’exportation et sécuriser les volumes disponibles afin de limiter la transmission de la crise pétrolière au portefeuille des Français.
