Par Ilyass Chirac Poumié
Dans une déclaration publiée lundi 22 septembre 2026, le SPIC condamne les conditions d’interpellation et de détention de Solange Djuikam, François Essomba, Igor Guinweth Bibey et Pierre Mouchili au commissariat central n°1 de Yaoundé.
Les quatre journalistes avaient été interpellés alors qu’ils couvraient une cérémonie au Palais des congrès. Solange Djuikam a été arrêtée le 14 septembre, avant l’interpellation, deux jours plus tard, de François Essomba de Chine Afrique, Igor Guinweth Bibey d’Inform Plus et Pierre Mouchili du Procès international.
Selon le syndicat, les policiers les soupçonnaient d’avoir volé les lunettes du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Alamine Ousmane Mey. Les lunettes avaient pourtant été retrouvées dans le véhicule du ministre avant l’arrestation des trois derniers journalistes.
Le SPIC affirme que les professionnels des médias ont passé plusieurs jours dans des cellules insalubres, sans conditions d’hygiène appropriées. Certains n’ont été auditionnés que plusieurs jours après leur arrestation. Ils ont finalement été libérés le lundi 21 septembre.
Le syndicat rapporte également la disparition de plusieurs biens personnels. Solange Djuikam affirme avoir perdu l’un des trois téléphones déposés à la consigne. Pierre Mouchili déclare, pour sa part, être sorti de détention avec seulement 2 000 Fcfa sur les 40 000 Fcfa qu’il possédait à son arrivée. Le journaliste souffre également d’un début de cécité apparu après sa détention, selon le Spic.
Des excuses et des réparations exigées
Le syndicat réclame des excuses officielles ainsi qu’une réparation pour les préjudices physiques, psychologiques et matériels subis. Il se réserve également le droit d’engager des actions judiciaires après les examens médicaux des quatre journalistes.
Le SPIC appelle, jusqu’à nouvel ordre, l’ensemble des professionnels des médias à boycotter systématiquement les activités organisées par le ministère de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire.
L’organisation annonce enfin son intention de saisir les organismes nationaux et internationaux chargés de la protection des journalistes afin que les responsabilités soient établies.
Cette affaire intervient dans un contexte marqué par une multiplication des atteintes contre les professionnels des médias au Cameroun. Arrestations en plein reportage, confiscation de matériel, détentions prolongées et pressions administratives alimentent les inquiétudes sur l’exercice de la liberté de la presse dans le pays.
Le SPIC considère cette détention comme une violation grave du Code de procédure pénale et du droit international. Son président, Thierry Eba, promet de porter l’affaire « au plus haut niveau » afin d’obtenir réparation et de mettre fin aux abus visant les journalistes dans l’exercice de leur profession.
