Par Hajer Elina
L’image dérange. Non parce que participer aux traditions africaines serait humiliant, mais parce que l’une des plus grandes figures du football mondial paraît désormais cantonnée au rôle d’homme de service d’une famille influente du palais d’Etoudi. La présence de Samuel Eto’o aux côtés des Baboké aurait pu rester celle d’un ami prestigieux. Son implication dans les négociations matrimoniales renforce plutôt l’impression d’une proximité devenue dépendance.
Que représente encore Samuel Eto’o ? L’ancien capitaine des Lions indomptables a porté le Cameroun au sommet du football mondial, remporté deux Ligues des champions et marqué l’histoire de plusieurs grands clubs européens. Une telle stature ne devrait pas être continuellement réduite à des démonstrations de loyauté envers Oswald Baboké, directeur adjoint du cabinet civil de la présidence.
Des publications camerounaises présentent déjà Samuel Eto’o comme un instrument du clan Baboké dans les batailles de pouvoir qui opposent la Fecafoot au ministère des Sports. L’ancien footballeur remercie régulièrement Oswald Baboké publiquement et entretient avec sa famille une proximité revendiquée. Indira Baboké affirme elle-même avoir développé avec lui une relation « père-fille ».
Cette soumission apparente soulève aussi une question plus embarrassante : quelle est aujourd’hui la véritable situation financière de Samuel Eto’o ? Des récits circulent sur des sommes d’argent et des véhicules que l’ancien footballeur aurait empruntés auprès d’Oswald Baboké. Ces affirmations ne sont accompagnées, à ce jour, d’aucun contrat, reçu ou document bancaire rendu public. Mais elles prennent une autre dimension à la lumière d’échanges attribués à Oswald Baboké et à Martinez Zogo, dans lesquels il est fait mention d’une supposée dette de Samuel Eto’o.
Le passé financier de l’ancienne star nourrit ces interrogations. En 2021, le Trésor public espagnol avait inscrit Samuel Eto’o sur sa liste de débiteurs pour une dette fiscale de 981 598 euros. Une autre affaire, rapportée en 2025 par des médias camerounais, concernait un prêt de 300 millions de Fcfa accordé par l’homme d’affaires Antoine Ndzengue et remboursé après un long différend.
Ces éléments ne prouvent pas qu’Oswald Baboké finance actuellement Samuel Eto’o ou lui prête des voitures. Ils imposent néanmoins une clarification. Le président de la Fecafoot doit expliquer la nature exacte de ses liens matériels et financiers avec ce haut responsable de la présidence.
Le problème dépasse finalement une simple cérémonie de mariage. Voir une icône internationale du football se comporter comme l’obligé d’un homme du palais abîme l’héritage qu’elle a bâti sur les terrains. Samuel Eto’o mérite mieux que cette image. Le Cameroun aussi.
