Par Julie Peh
Sur le papier, le rendez-vous est important. La COING constitue depuis plusieurs années un espace de dialogue entre la société civile et les institutions de la Francophonie. L’OIF présente d’ailleurs cette structure comme un mécanisme destiné à renforcer la participation des organisations de la société civile, leur visibilité et leur implication dans les actions francophones. Mais à Cotonou, la question dépasse le simple renouvellement des instances.
Le thème retenu « Réinvestir dans la paix : mobiliser la société civile francophone pour une prospérité partagée, des territoires résiliants et une stabilité durable » place les organisations devant une responsabilité concrète à savoir transformer les propositions issues de leurs travaux en actions capables de produire des effets au-delà des salles de réunion. Durant deux jours, les discussions doivent notamment porter sur la paix, la démocratie et la diplomatie citoyenne, la langue française et la diversité culturelle, l’éducation et l’employabilité des jeunes, l’économie et le numérique, le développement durable ainsi que les grands enjeux de résilience.
La gouvernance de la COING sera également au centre des travaux avec le renouvellement des instances chargées de porter la nouvelle feuille de route. Cette étape intervient après plusieurs évolutions institutionnelles. En juin 2026, la COING a adopté un nouveau règlement intérieur présenté par l’OIF comme une réforme destinée à renforcer la participation de la société civile dans l’espace francophone. Le rendez-vous de Cotonou doit donc permettre de mesurer ce que cette nouvelle organisation peut réellement produire.
Car une déclaration, aussi ambitieuse soit-elle, ne suffit pas. La société civile francophone formule depuis des années des recommandations sur la démocratie, les droits humains, l’éducation, la culture, l’économie ou encore le développement durable. La COING dispose de cinq commissions thématiques et d’un cadre de travail biennal pour transformer ces priorités en actions. La Déclaration de Cotonou, qui doit être portée devant les chefs d’État et de gouvernement au Sommet de la Francophonie, constituera à ce titre un premier test. Sera-t-elle simplement ajoutée aux documents du Sommet ou servira-t-elle de base à des engagements, des programmes et des financements ?
Cotonou ne doit donc pas être seulement un rendez-vous institutionnel de plus. Il doit permettre à la société civile francophone de préciser ce qu’elle veut obtenir, comment elle compte agir et surtout comment elle entend mesurer les résultats de ses engagements. Deux jours pour fixer une feuille de route. Deux ans pour démontrer qu’elle peut produire des résultats.
