Par Julie Peh
Le mot est choisi. Volontaire. Dans son message publié ce 28 septembre, il ne parle pas de reconquête, mais d’une arrivée dans un environnement d’harmonie, de tolérance et de respect mutuel, en plaçant l’intérêt national et la stabilité au-dessus des divergences politiques. Pourquoi le 4 octobre ? Parce que la présidentielle est annoncée pour le 6 décembre 2026, soit à peine deux mois plus tard. Le timing n’est pas une coïncidence, c’est un calcul. Embaló nourrit bien l’ambition de se présenter à nouveau, mais sous une condition qui dit tout de l’état du pays , sous réserve de l’accord des autorités militaires de transition. En clair, l’ancien président doit demander la permission aux militaires qui l’ont renversé pour pouvoir se présenter contre eux.
On nous vend l’harmonie, mais sur le terrain c’est tout l’inverse. D’un côté, ses partisans ont lancé une campagne active réclamant son retour, comme s’il était le sauveur. De l’autre, la société civile et les juristes s’interrogent et ils ont raison sur les conséquences politiques et sécuritaires d’une telle présence.
Faire revenir un président déchu par les armes à deux mois d’une élection que doit organiser… l’armée qui l’a déchu, c’est jouer avec le feu dans une poudrière. Soit il est instrumentalisé par l’armée pour légitimer un scrutin verrouillé, soit il croit sincèrement pouvoir reprendre le fauteuil qu’on lui a arraché.
Dans les deux cas, ce n’est pas l’intérêt national qui est au-dessus des divergences. C’est son intérêt politique qui passe avant la stabilité. Le 4 octobre nous dira si Bissau veut vraiment l’harmonie ou si elle se prépare à une nouvelle crise.
