Par Martin Lemur
L’Assemblée Nobel de l’Institut Karolinska récompense leurs travaux sur les canaux ioniques activés par la lumière et l’optogénétique. Les trois scientifiques se partageront une dotation de 12 millions de couronnes suédoises, soit environ 1,2 million de dollars.
Cette technique permet aux chercheurs d’activer ou de désactiver avec précision certaines cellules nerveuses dans un cerveau vivant. Elle aide à déterminer comment des circuits cérébraux interviennent dans la mémoire, les émotions et les comportements, en observant les effets directs de leur activation.
L’histoire de cette découverte commence avec une algue unicellulaire capable de se déplacer vers la lumière. Au début des années 2000, Peter Hegemann et Georg Nagel ont identifié une protéine, la channelrhodopsine, qui ouvre un canal au passage de la lumière et permet à des ions de traverser la membrane cellulaire.
Karl Deisseroth a ensuite introduit le gène de cette protéine dans des cellules nerveuses de rats. Leur exposition à une lumière bleue permettait de déclencher un signal nerveux. Il a publié cette avancée en 2005, avant de faire fonctionner le dispositif dans le cerveau de souris vivantes deux ans plus tard.
L’optogénétique est depuis devenue un outil majeur des neurosciences. Elle contribue à l’étude des mécanismes associés à des maladies neurologiques et psychiatriques. Des chercheurs l’utilisent également dans des essais visant à restaurer la vision chez des personnes malvoyantes. Ces applications restent des domaines de recherche et ne constituent pas un traitement généralisé des maladies du cerveau.
Le prix de médecine ouvre la semaine des annonces Nobel, avant les distinctions en physique, chimie, littérature, paix et économie.
