Par Serge Aimé BIKOI
Sous le haut patronage du chef du gouvernement camerounais, cet événement est organisé par Reconciliation and Development Association (Rada) en collaboration avec le ministère de la Santé publique (Minsanté) et ses partenaires. L’objectif principal consiste à accélérer l’action politique nationale à travers le dialogue multisectoriel, la diffusion de preuves scientifiques et la formulation de recommandations concrètes.
Dès ce mercredi, 8 avril et ce jusqu’au jeudi, 9 avril 2026, se tiendra au Hilton hôtel de Yaoundé une conférence politique consacrée à la lutte contre le spectre des maladies non transmissibles liées à l’alimentation, avec un accent particulier sur la nutrition et les Mnt. En effet, le Cameroun, à l’instar de nombreux pays, fait face à un double fardeau de morbidité. Alors que les maladies infectieuses restent préoccupantes, les maladies non transmissibles (Mnt), telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète et les cancers représentent désormais 43 % des décès annuels dans le pays. Il ne s’agit plus seulement d’une crise sanitaire, mais d’une menace majeure pour le développement et la croissance nationale. Depuis 2016, selon l’Organisation mondiale de la santé(Oms), le principal facteur est le changement rapide des habitudes alimentaires vers des aliments ultra-transformés, riches en sel, en sucre et en graisses malsaines.
Avec l’augmentation des taux d’obésité infantile et des maladies liées à l’alimentation, des mesures urgentes et décisives s’imposent.
Cet événement réunira des experts, chercheurs, institutions et décideurs clés afin d’accélérer l’action politique nationale pour la prévention des maladies non transmissibles liées à l’alimentation au Cameroun, à travers un dialogue multisectoriel, la diffusion de données probantes et la co-création de recommandations concrètes. Selon le diagnostic fait par Reconciliation and Development Association (Rada), ces dernières années, “les régimes alimentaires malsains se caractérisent par une forte teneur en sucre, en graisses, en sel et en calories et sont associés au développement de maladies chroniques telles que le cancer, le diabète et l’hypertension”. Il existe des preuves solides des bénéfices pour la santé publique et le développement liés à la réduction de la consommation de ces aliments. Selon une revue systématique de Nansseu (2019),” 26 % des adultes sont en surpoids et 15,1 % sont obèses. Chez les enfants de moins de cinq ans, la prévalence du surpoids a presque doublé, passant de 5 % en 1991 à 11 % en 2018. En zone urbaine, 12,5 % des enfants âgés de 3 à 13 ans sont en surpoids, avec une prévalence plus élevée chez les filles (13,2 %) que chez les garçons (11,8 %)”.
Rada appelle donc les Hommes de médias d’ici et d’ailleurs à communiquer, de manière massive, sur l’adoption des mesures proactives pour protéger la santé des populations locales, la sensibilisation de celles-ci et sur l’exhortation des décideurs à tous les niveaux à agir sans délai. Les statistiques mondiales montrent qu’en 2016, par exemple, les régimes alimentaires malsains ont dépassé le tabac comme principal facteur de risque des Mnt. Aujourd’hui, de nouveaux produits alimentaires, inconnus des générations précédentes, envahissent le marché.
À travers le rôle des mass médias, les responsables de Rada espèrent que les populations comprendront que :
« Ce qui est sucré en bouche n’est pas toujours bon pour le corps et ce qui est bon pour le corps n’est pas toujours sucré en bouche ». De plus,
« Si nous ne faisons pas de la nourriture notre médicament, nous finirons par faire des médicaments notre nourriture » et que
« la prévention vaut mieux que la guérison ».
En rappel, la 4ème réunion de haut niveau des Nations unies sur les Maladies non transmissibles (2025) a réaffirmé la nécessité, pour les pays à revenu faible et intermédiaire, comme le Cameroun, d’accélérer la mise en œuvre de politiques nutritionnelles telles que l’étiquetage nutritionnel simplifié,
les restrictions de marketing,
la taxation des boissons sucrées et aliments ultra-transformés.
Les gains potentiels en qualité de vie humaine liés à ces mesures sont estimés à 6,61 ans pour les boissons sucrées et 5,11 ans pour les aliments ultra-transformés.
Cet événement historique, organisé par Rada en collaboration avec le Ministère de la Santé publique, réunira des décideurs influents et chercheurs locaux et internationaux pour tracer une voie claire.
