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Cameroun | 41ème édition de la Jif: Les données statistiques de la violence faite aux filles et aux femmes au Cameroun et en Rca

Ce sont les résultats de l'étude socio-juridique sur les violences faites aux femmes et aux filles en Afrique centrale ainsi que le rapport de monitoring réalisé par la Coalition au Cameroun et en République centrafricaine.

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Par Léopold DASSI NDJIDJOU

Ces chiffres mettent en évidence une situation particulièrement préoccupante révélée le 5 mars lors du plaidoyer pour la ratification de la nouvelle Convention de l’Union africaine.

Statistiques au Cameroun

Au Cameroun, 52.6% des femmes en union ont subi des violences domestiques ou conjugales. Plus de la moitié des femmes mariées ou vivant en couple ont été victimes de violences de la part de leurs partenaires intimes, à un moment de leur vie. Ces violences peuvent être physiques, psychologiques, sexuelles ou économiques. Bien plus, 39 % des femmes âgées de 15-49 ans ont subi des violences physiques depuis l’âge de 15 ans. Près de 4 femmes sur 10 dans la tranche des 15 à 49 ans déclarent avoir été victimes au moins une fois de violences physiques après leur 15 ans.

C’est un indicateur cumulé sur plusieurs années, montrant que la violence est vécue de manière répétée ou à différents âges. Les violences physiques ne sont pas des faits isolés, mais un phénomène de grande amplitude. 5% des femmes ont été victimes de violences sexuelles au cours des 12 derniers mois, 5 femmes sur 100, âgées généralement de 15 à 49 ans ont subi des violences sexuelles durant l’année écoulée. Cela comprend le viol, les tentatives de viol, les attouchements forcés et toute aune forme de contrainte en la matière. 42 % des femmes en 2011 ont subi des violences contre 28 % en 2018 (baisse de 14 points). On note une baisse significative de 14 points. Cela reflète des efforts possibles en matière de sensibilisation, de dénonciation et d’accompagnement. 69 féminicides ont été recensés entre janvier et décembre 2024 et 22 cas de féminicides en 2025 au premier trimestre.

Entre janvier et décembre 2024, 69 féminicides ont été recensés au Cameroun, soit plus d’un cas par semaine, traduisant l’extrême gravité des violences faites aux femmes. En 2025, 22 cas ont déjà été enregistrés en seulement quelques mois, montrant que la tendance se poursuit. Ces chiffres alarmants témoignent d’un problème systémique de sécurité, d’impunité et de contrôle patriarcal dans les relations révèlent aussi une insuffisance de mécanismes de protection des femmes en situation de danger. Il est urgent de mettre en place des politiques de prévention, de protection et de sanction efficaces. 97.9% des cas de Vbg entre 2018 et 2019 dans l’Extrême Nord sont déclarés par des femmes. 85 % des personnes interrogées dans le Sud-Ouest pensent que les femmes et les filles sont exposées à la violence. Les personnes de 15 à 35 ans sont les plus exposées Entre 2018 et 2019, 97% des cas de violence basée sur le genre dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun ont été déclarés par des femmes, soulignant leur grande vulnérabilité face à ces abus. Dans la région du Sud-Ouest, 85% des personnes interrogées reconnaissent que les filles et les femmes sont particulièrement exposées à la violence. Ces chiffres révèlent l’état des violences basées sur le genre dans les zones en crise. Les jeunes femmes âgées de 15 à 35 ans sont les plus touchées, en raison de leur sexe, leur position sociale et écono mique.

Taux de pauvreté des femmes: 51,5%,contre 39% en général. Le taux de pauvreté des femmes au Cameroun est de 51,5 soit 12,5 points de plus que la moyenne nationale qui est de 39%. Cela signifie qu’une femme sur deux vit sous le seuil de pauvreté, contre un peu plus d’un tiers de la population générale. Cette inégalité s’explique par des facteurs tels que l’accès limité à l’éducation, à l’emploi formel, aux terres, aux ressources économiques. 35 % des victimes n’ont pas une appréciation claire des services de lutte contre les Vfff. Cela peut traduire un manque d’information, ou encore des expériences mitigées ou négatives dans l’accès à ces services. Ce chiffre révèle un déficit de viabilité, de qualité ou d’accessibilité des mécanismes de prise en charge. 54,35 % des survivantes n’ont pas confiance en la police/gendarmerie. Par exemple, 46% des victimes n’ont pas confiance en la Justice. Cette perte de confiance traduit un sentiment d’impunité, des expériences négatives de traitement des plaintes, ou encore des délais et obstacles judiciaires décourageants. Elles constituent un frein majeur à la dénonciation des violences et à la quête de justice des victimes. Seules 36 % des survivantes affirment avoir été bien accueillies dans les commissariats et les brigades. Près de deux femmes sur trois ont vécu une expérience d’accueil négative ou insuffisante. Ce faible taux reflète un manque de formation, d’empathie et de professionnalisme chez certains agents chargés de recevoir les victimes.

Situation en Rca

96% des violences sont commises par les hommes. Le pourcentage de 96% des violences révèle l’ampleur des rapports inégalitaires et des normes patriarcales profondément enracinés. Cette donnée met en lumière une dynamique où la majorité des auteurs sont issus du milieu proche des victimes. En 2023. 25 554 cas de violences basées sur le genre (Vbg) ont été enregistrés contre 22 107 en 2024, soit une baisse de 13%. Cette diminution peut être interprétée comme un signe encourageant des efforts de prévention, de sensibilisation et de réponse mis en œuvre. Toutefois le nombre reste très élevé, traduisant la persistance du phénomène et la nécessité de renforcer les dispositifs de lutte et accompagnement.
Professions des auteurs présumés des Vgb: Cultivateurs (34%), Sans emploi (11 %), membres de groupes armés (10%), Cette répartition montre que les violences ne sont pas limitées à un seul groupe social, mais profondément enracinées dans la société, y compris chez des civils ordinaires. Le taux élevé parmi les cultivateurs reflète peut être la prédominance de cette activité dans la population active. 100% des femmes déclarent n’avoir reçu aucune aide juridique après avoir signalé des Vfff Cela révèle une faille grave dans la chaîne de protection et de prise en charge des survivantes. Sans soutien juridique, les victimes restent vulnérables, isolées et privées de justice.

Dans 51% des partenaires intimes ou ex-partenaires sont les auteurs des violences. Cette statistique démontre que la violence domestique et conjugale constitue la forme la plus courante des Vgb, souvent exercée dans le cadre privé et familial. Le taux de viol en 2024 a augmenté de 1% par rapport à 2023 (pas- sant de 33% à 34%). Cette légère hausse témoigne d’une persistance inquiétante des violences sexuelles, souvent liées à l’impunité, à la stigmatisation des victimes et à l’instabilité sécuritaire. 74% des violences sont survenues au domicile de la survivante ou de l’auteur, ou dans les sites des personnes déplacées internes (PDI). Cette statistique met en lumière le caractère intime et caché de ces violences, souvent commises par des proches ou dans des contextes de vulnérabilité extrême. Méfiance accrue des victimes: 35% ne font pas confiance à la justice et 50% aux forces de sécurité. Ce manque de confiance freine les dénonciations, aggrave l’impunité des auteurs et isole davantage les victimes. Le viol avec pénétration reste le type de Vbg le plus répandu avec 7 381 cas (34% des Vbg).

Ce chiffre alarmant met en évidence l’ampleur des violences sexuelles graves et leur caractère systémique, notamment dans les contextes de conflits et d’insécurité. Il reflète aussi le manque de protection des femmes et des filles, souvent ciblées comme armes de guerre ou victimes d’impunité sociale. 33% des victimes ignorent l’existence des services de prise en charge. Ce chiffre révèle un déficit majeur en matière d’information. d’orientation et de sensibilisation communautaire. Environ 50 participants étaient présents à la conférence de rendu de ces données dont les représentants des ministères sectoriels, les parlementaires et élus locaux, représentants des organisations féministes et de défense des droits humains, les leaders de la société civile, entre autres.

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