Par Joël Onana
Le journaliste et directeur de publication du quotidien Le Jour, Haman Mana, a vivement réagi après l’avertissement que lui a adressé le Conseil national de la communication (Cnc). L’organe de régulation des médias l’accuse notamment de « viol de l’opinion et d’interprétation erronée » des résultats officiels de la élection présidentielle camerounaise de 2025.
Dans une réaction publique, Haman Mana affirme avoir simplement confronté les chiffres officiels de l’élection à ce qu’il considère comme des incohérences. « Qu’avons-nous fait ? Simplement confronté les résultats officiels à leurs propres contradictions. Juste de l’arithmétique », écrit-il.
La sanction intervient dans un contexte où le Cnc a également décidé de suspendre pour un mois le rédacteur en chef du journal, Jules Romuald Nkonglak, décision que Haman Mana qualifie de particulièrement sévère.
Le journaliste rappelle par ailleurs la longévité de sa carrière dans la presse camerounaise. Il souligne avoir publié son premier article en juillet 1986 et affirme n’avoir jamais été mis en cause sur le plan professionnel depuis lors. Plusieurs de ses écrits doivent prochainement être rassemblés dans un recueil publié par Les Éditions du Muntu.
Estimant que la décision du Cnc porte atteinte à sa réputation, Haman Mana considère ce verdict comme « une espèce d’hommage du vice à la vertu », dénonçant implicitement une sanction qu’il juge injustifiée.
Le Conseil national de la communication est l’organe chargé de la régulation des médias au Cameroun. Ses décisions disciplinaires, qui peuvent aller de l’avertissement à la suspension de journalistes ou de médias, suscitent régulièrement des débats dans le pays, certaines organisations de défense de la liberté de la presse estimant que ces sanctions peuvent parfois être utilisées pour limiter la critique du pouvoir.
