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Cameroun | Affaire d’un internaute poursuivi pour “outrage au président de la république”: Condamnation à six mois de prison ferme

Le Tribunal de première instance(Tpi) de Yaoundé centre administratif a condamné, ce lundi, Patrick Mengue à six mois d'emprisonnement ferme.

by world top news
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Par Serge Aimé BIKOI

Cette juridiction l’a également condamné à une amende de 28.000 Fcfa, aux dépens fixés à 15 000 Fcfa et a ordonné la confiscation du téléphone ayant servi à la publication incriminée.

Détenu depuis le 24 avril 2026 à la prison centrale de Yaoundé, Patrick Mengue, internaute, dispose d’un délai de dix jours pour interjeter appel. Son avocat, Me Batam Nkolong, a dénoncé une décision qu’il juge injustifiée et a annoncé que la défense saisira la Cour d’appel du Centre afin de contester ce verdict.

Tout avait débuté le 11 avril 2026 au lendemain de l’annonce du décès de l’ancien président du sénat, Marcel Niat Njifenji. Sur sa page Facebook, Patrick Mengue écrit :”Seigneur, tu te rapproches déjà de la cible. Encore un effort Stp”. Pour les autorités officielles, le sous-entendu est clair: le jeune homme prierait, implicitement, pour la mort du chef de l’État. Il est interpellé dans les jours suivants par des éléments de la Sécurité militaire(Semil) et est, aussitôt, écroué. La curiosité dans cette affaire, c’est l’inversion du processus judiciaire. En effet, l’arrestation est intervenue d’abord. La recherche des preuves par la suite.

Lors de l’audience du 25 mai 2026, le ministère public avait reconnu avoir saisi l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic). Question d’authentifier les pièces du dossier après plusieurs semaines de détention. Son conseil, Me Batam Nkolong, n’avait pas manqué de décrier cet embastillement. “On a arrêté mon client, on l’a jeté en prison et c’est maintenant qu’on cherche, désespérément, les preuves pour l’accuser”.

La défense avait, dans la même veine, dénoncé des irrégularités graves dans la procédure : interpellation par un organe militaire normalement incompétent pour un civil, dix jours de disparition entre le 13 et le 23 avril sans présentation à un magistrat au mépris du délai légal de 48h et des allégations de services corporels. Autant d’éléments que la défense a qualifiés de “gangrène procédurale”. L’affaire avait été mise en délibéré le 13 juillet, puis renvoyée à ce lundi, 27 juillet, jour où P. Mengue a été reconnu coupable pour “outrage au président de la République”.

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