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Cameroun | Affaire Martinez Zogo : La Dgre au cœur d’un déballage explosif devant le Tribunal militaire

Le procès de l’assassinat de Martinez Zogo connaît un tournant majeur à Yaoundé. Les débats mettent en cause l’organisation interne de la Direction générale de la recherche extérieure, sur fond d’accusations d’opération clandestine.

by world top news
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Par Joël Onana

L’affaire Martinez Zogo a franchi un nouveau cap devant le Tribunal Militaire de Yaoundé. Au fil des audiences, le volet technique a pris le pas sur les spéculations, exposant de possibles dysfonctionnements au sein de la Direction Générale de la Recherche Extérieure.

À la barre, Mohamadou Hamoudou, ancien Commandant d’Appui et de Logistique, a affirmé qu’aucune demande officielle de matériel, d’armes de type VZ ou de véhicules n’avait transité par ses services dans le cadre de l’opération incriminée. Selon lui, aucun bon de sortie ni trace administrative ne figure dans les registres du département logistique. Un témoignage qui accrédite la thèse d’une utilisation occulte des moyens de la DGRE.

Les débats ont également mis en lumière les relations entre l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga et certains responsables des services de renseignement. Le témoin a confirmé des visites régulières à l’immeuble Ekang, siège de la Dgre, notamment auprès du lieutenant-colonel Justin Danwé. Dans le même temps, il a évoqué l’hostilité du directeur général de l’époque, Maxime Eko Eko, à l’égard des méthodes attribuées à l’homme d’affaires.
Un moment clé de l’audience a été le face-à-face entre Maxime Eko Eko et son ancien garde du corps. L’ex-patron des services extérieurs a soutenu que les ressources logistiques officielles étaient suffisantes, laissant entendre qu’aucune improvisation n’était nécessaire si l’opération avait été institutionnellement validée.

Pour les avocats de la défense, plusieurs éléments tendent à démontrer une opération non autorisée : hiérarchie court-circuitée par des instructions verbales, absence totale de traçabilité du matériel utilisé, et recours à des méthodes exclues des protocoles de l’unité.

Le procès, centré sur l’enlèvement et l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, continue de secouer l’appareil sécuritaire camerounais. Le témoignage attendu du commandant Penda pourrait éclairer davantage la coordination tactique de l’opération et préciser les responsabilités au sein de la chaîne de commandement.

Les audiences se poursuivent dans un climat de forte tension judiciaire et politique.

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