Par Hajer Elina
Dans une déclaration rendue publique, l’avocate appelle à mettre un terme aux « manipulations » et rappelle que de telles accusations ne peuvent être retenues sans éléments de preuve. « On ne condamne pas un homme sur des rumeurs recyclées, des hypothèses bancales et des versions qui se contredisent elles-mêmes », écrit-elle.
Me Zeiffman affirme que la responsabilité de Ferdinand Ngoh Ngoh ne peut être établie sur la base de simples déclarations. « Accuser Monsieur Ngoh Ngoh d’être le commanditaire de l’assassinat de Martinez Zogo sans preuve solide, c’est insulter le droit, la vérité et l’intelligence du public », soutient-elle, tout en précisant qu’elle ne connaît pas personnellement le secrétaire général de la présidence.
L’avocate s’attaque également à la thèse dite du « second commando », régulièrement évoquée dans le débat public autour de l’affaire. Selon elle, cette hypothèse « ne tient pas debout », estimant qu’elle a évolué au fil des versions jusqu’à être « vidée de sa substance par son propre auteur ». Pour Me Zeiffman, une accusation qui change constamment de contenu « cesse d’être une vérité pour devenir une construction fragile, voire une manipulation ».
Rappelant les principes fondamentaux du droit pénal, elle insiste sur le fait que « l’émotion ne remplace pas la preuve » et que seules des preuves « précises, concordantes et vérifiables » peuvent justifier la mise en cause d’une personne. Elle souligne qu’en l’absence d’une décision de justice établissant la responsabilité de Ferdinand Ngoh Ngoh, les accusations formulées à son encontre demeurent de simples allégations.
« Il faut refuser la facilité, résister à la propagande et rappeler une règle simple : la justice n’est pas un théâtre, et la réputation d’un homme n’est pas un gibier politique », conclut-elle.
Le capitaine Effoudou, ancien responsable des renseignements à la présidence, a récemment multiplié les sorties médiatiques dans lesquelles il accuse plusieurs hauts responsables de l’État, notamment Ferdinand Ngoh Ngoh, d’avoir joué un rôle dans l’assassinat du journaliste Martinez Zogo, enlevé en janvier 2023 puis retrouvé mort quelques jours plus tard. À ce stade, ces accusations n’ont pas été corroborées par des éléments de preuve rendus publics ni retenues par une décision judiciaire. L’instruction du dossier se poursuit devant le tribunal militaire de Yaoundé, où plusieurs personnalités sont poursuivies dans cette affaire très médiatisée.
