Par Joseph OLINGA N.
En moins d’une semaine, le chef de l’État camerounais, Paul Biya est cité par des correspondances liées à la procédure relative à l’assassinat du journaliste et chef de chaîne de la radio urbaine Amplitude Fm. La première évocation est contenue dans une correspondance du secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh qui indique transmettre au ministre de la justice, garde des sceaux, Laurent Esso de hautes instructions du président de la République afin que l’homme d’affaires, Jean-Pierre Amougou Belinga et l’ancien patron de la Direction générale de la recherche extérieure (Dgre), l’agence de contre-espionnage camerounais ne soient mis en libertés provisoire ou conditionnelles, même en cas d’appréciation des juges en charge de l’affaire.
La seconde évocation du chef de l’État camerounais est faite par la famille du défunt journaliste Martinez Zogo. Des ayants droit qui dénoncent, eux aussi, des manœuvres visant à élargir certains acteurs incarcérés dans le cadre de l’assassinat de Martinez Zogo. La famille du défunt journaliste indique à ce propos avoir “appris avec une vive préoccupation que certaines personnalités tapies dans l’ombre, usant de leurs réseaux d’influence, s’emploieraient à obtenir la remise en liberté de Monsieur Jean-Pierre Amougou Belinga, principal inculpé dans cette affaire.”
Quoique évoqué au conditionnelle, les présomptions de manoeuvres décrites par la famille du défunt journaliste Martinez Zogo et les “hautes instructions” attribuées au chef de l’État camerounais, Paul Biya par le secrétaire général de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh traduisent une agitation suspecte au sein de la sphère gouvernementale. Pis, le recours permanent à l’intervention du chef de l’État camerounais remet en vitrine les présomptions d’implications de certains hauts commis de l’Etat ainsi que des proches du président de la République dans cette scabreuse affaire.
Alors que les débats sont ouverts devant la justice, l’activisme de certains hauts commis de l’État remet en vitrine les dénonciations et autres citations faites aux enquêteurs et devant les tribunaux de nombreux ministres et proches du chef de l’État dans cette affaire où se dessine clairement des guerres de réseaux qui tendent à occulter la vérité et diluer les responsabilités des différents acteurs ayant participé de manières diverses à ce meurtre visiblement prémédité et exécuté avec l’apport des ressources de l’Etat.
Dans les milieux proches du sérail des noms de personnalités partageant des responsabilités dans l’assassinat du journaliste sont cités. Ceux des proches du chef de l’État camerounais le sont d’ailleurs, autant qu’ils sont cités dans les compte-rendus d’enquête et lors des audiences relatives à cette affaire. Du coup, au-delà de la volonté d’interférer dans le cour de la manifestation de la vérité, certains hauts commis de l’Etat donnent l’impression de vouloir orienter le cour de la justice tout en désignant des coupables de leur choix. Une réalité qui remet en cause la neutralité de certaines personnes dont l’activisme fait craindre à l’éventualité d’une justice bâclée et aux ordres alors que leurs présences à la barre restent requises pour la manifestation de la vérité dans le meurtre inédit et violent du journaliste Martinez Zogo. Un journaliste dont la suite du procès de l’assassinat de Martinez Zogo semble dit dans les cercles proches du chef de l’État camerounais.
