Par Ilyass Chirac Poumie
Dans de nombreuses démocraties, une absence aussi longue du chef de l’État donnerait lieu à une communication officielle régulière sur son état, son calendrier ou les dispositions prises pour garantir la continuité des institutions. En France, par exemple, si le président de la République est empêché d’exercer ses fonctions, le Conseil constitutionnel peut constater cet empêchement, ouvrant la voie à un intérim assuré par le président du Sénat, conformément à l’article 7 de la Constitution.
Au Cameroun, aucune procédure de cette nature n’a été engagée. Le président Paul Biya reste pleinement en fonction et aucune autorité n’a évoqué une vacance ou un empêchement. Toutefois, l’absence prolongée du chef de l’État, combinée au silence des autorités sur la conduite des affaires de l’État, nourrit les interrogations d’une partie de la classe politique et de la société civile.
Le débat dépasse désormais la seule question du retour du président. Il porte sur la solidité des institutions face à une absence prolongée du chef de l’État et sur la nécessité d’encadrer davantage ces situations afin d’éviter toute incertitude institutionnelle.
Alors que le Cameroun fait face à d’importants défis sécuritaires, économiques et politiques, de nombreuses voix estiment qu’une communication plus transparente contribuerait à rassurer l’opinion publique et à renforcer la confiance dans les institutions de la République.
