Par Léopold DASSI NDJIDJOU
Au cours des huit sessions précédentes portant sur la Csu au Cameroun, le think tank Nkafu policy Institute, a produit un document intitulé “ les leçons tirées de l’assurance maladie communautaire ( Amc) pour l’extension de la couverture sanitaire universelle au Cameroun”. Ce document met en lumière des enseignements essentiels issus de l’expérience de l’Amc et présente des pistes stratégiques pour renforcer et étendre la couverture sanitaire à l’échelle nationale.
Pour tirer des recommandations idoines de ce document, les experts ont suivi un exposé dudit document, s’en est suivi des échanges et par la suite le travail en trois groupes pour adopter des recommandations affinées qui seront soumises aux décideurs avec une feuille de route pratique pour étendre et renforcer la Csu y compris les synergies avec les mécanismes d’assurance maladie privée. Au nombre des recommandations, il est question de renforcer les mécanismes d’engagement communautaire, c’est-à-dire, donner aux dirigeants locaux et aux municipalités les moyens de diriger des programmes hybrides d’Amc et de la Csu, en renforçant la confiance, en améliorant la compréhension des avantages et en encourageant la participation grâce à une gouvernance transparente. Il est aussi question d’institutionnaliser
la représentation communautaire dans la gouvernance de la Csu.
Dès lors, les cadres décisionnels de la Csu aux niveaux national, régional et d’arrondissement devraient inclure officiellement des représentants de la communauté et de la société civile, en s’appuyant sur les réseaux de dirigeants des régimes d’Amc existants. Il faut aussi une implication claire en matière de planification, de contrôle et de communication qui aiderait la Csu à rester à l’écoute des besoins et des préoccupations locales. Il faut aussi renforcer le contrôle local de la gestion financière et des performances des prestataires.
La Csu devrait mettre en place des comités de contrôle au niveau des arrondissements, composés notamment de représentants d’Amc , afin de superviser le paiement des prestataires, la gestion des stocks et les frais à la charge des usagers, ainsi que de détecter et d’éliminer les frais informels qui vont à l’encontre de la garantie de gratuité des soins offerte par la Csu. Entre autres, il faut développer et stabiliser la mutualisation des risques; rendre obligatoire l’adhésion à la Csu et renforcer les mécanismes favorisant une participation large et inclusive afin d’améliorer la viabilité financière.
Situation actuelle de la Couverture universelle
Au Cameroun, le système de financement de la santé reste fortement dépendant des paiements directs des ménages, ce qui les expose à des difficultés financières et limite leur accès aux services de santé essentiels. Bien que le gouvernement ait lancé la première phase du programme de couverture sanitaire universelle (Csu) en 2023, sa mise en œuvre demeure sélective et laisse d’importants segments de la population – notamment les travailleurs du secteur informel et les communautés rurales – sans protection financière adéquate.
Dans la phase 1 de la mise en œuvre de Csu, la moitié du financement vient de l’Etat et l’autre moitié provient des partenaires de développement (en attente sur le plan légal). La population cible est constituée des enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes, les personnes atteintes de Vih/Sida et les personnes atteintes de maladie rénale. Au niveau de la pathologie ou de la situation médicale, grossesse , insuffisance rénale, paludisme, Vih et tuberculose. La Csu couvre seulement 6,4% de la population. Les ouvriers du secteur informel, les personnes âgées, et les personnes handicapées demeurent non assurées. Les cadres juridiques et réglementaires relatifs au financement de la santé demeurent insuffisamment développés. On observe aussi un paysage de financement fragmenté: la Cnps, les assureurs privés. les régimes Amc.
Réactions :

“Construire la confiance au sein des communautés à travers la sensibilisation”
“Une autre recommandation sera l’implication réelle des membres des communautés et aussi les mesures des différentes parties prenantes. Ces dernières et les membres des communautés croient beaucoup à la confiance dans ce qu’ils font. L’enjeu clé dans l’assurance maladie communautaire est la confiance dans le package de la couverture maladie. Il faut donc que les parties prenantes travaillent main dans la main avec le personnel de la santé. De ce point de vue, la sensibilisation est de mise pour construire la confiance au sein des assurés. Ceci sera déterminant pour davantage de souscriptions de l’assurance maladie au sein de la communauté”.

” Une feuille de route pour une action concrète à soumettre aux décideurs”
” Ce 9ème atelier organisé aujourd’hui a pour objectif de compléter les différentes sessions que nous avons tenues depuis le début de ce projet au sujet de l’assurance maladie au Cameroun.
L’objectif principal de ce 9ème atelier est de comprendre les rôles que les assurances communautaires peuvent jouer pour améliorer l’accès aux soins de santé et comment cela peut aider les gouvernements au niveau de la couverture santé à l’échelon national: la Couverture santé nationale universelle (Csu). Nos recommandations visent à améliorer l’accès aux soins médicaux au plus grand nombre. C’est l’objectif premier de cet atelier. A la fin de l’atelier, nous allons faire des recommandations fortes pour la prise des actions que nous allons soumettre aux décideurs. Quelle est la feuille de route pour l’action concrète qui est attendue? Qui est responsable de quoi? Il y a un besoin urgent d’action parce que beaucoup de Camerounais n’ont pas accès à la Csu.”
