Par Léopold DASSI NDJIDJOU
La nouvelle est rendue publique le 25 avril dernier à travers un communiqué conjoint signé par la plateforme dénommée Action civile 237, formée d’une douzaine d’organisations de la société civile (Osc).
Le titre du communiqué “ action civile 237 appel à l’action après la visite du Léon XIV”, dit tout sur l’ambition de cette plateforme de mettre définitivement un terme à la crise en cours dans les deux régions anglophones du pays depuis bientôt 10 ans. Dans le sillage de l’engouement pour la paix et de la liesse populaire, constatés à Bamenda lors de visite papale, cette Plateforme en s’appuyant sur des actions menées antérieurement à la visite du vicaire du Christ, estime qu’il faut de toute urgence mener des actions pour atteindre la paix.
“Fort du message de paix délivré par le Pape Léon XIV, nous lançons un appel solennel au gouvernement de la République du Cameroun pour l’ouverture immédiate et sans condition d’un dialogue direct, inclusif et structuré sur la crise anglophone”, lit-on du communiqué qui précise par ailleurs les conditions pour la réussite d’une telle initiative. On note dans ce sens d’abord une représentativité authentique, sincère et inclusive.
Le dialogue doit inclure les représentations idéologiques les plus consensuelles concernant la solution au problème anglophone – en particulier, les représentants de l’idéologie de la séparation comme solution, de la fédération comme solution, de l’unité comme solution, ainsi que de la société civile, issus de la diaspora et du terrain – y compris les dirigeants actuellement détenus dans les prisons camerounaises, dont la libération préalable ou simultanée est déjà clairement une condition sine qua non pour la crédibilité du processus.
En deuxième lieu, il y a une facilitation indépendante et légitime . Sur ce point, la plateforme propose que l’évêque de Bamenda, président de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun et le nonce apostolique assurent un rôle de premier plan dans la facilitation de ce dialogue. Leur autorité morale, leur proximité avec les communautés et leur indépendance vis-à-vis des parties au conflit en font les garants naturels d’un processus de confiance. En troisième lieu, il y a une implication des organisations de la Société civile. Il est question des Ong qui ont une expertise et une expérience avérées sur le terrain dans les deux régions en crise. En quatrième lieu, il y a un agenda substantiel.
Le dialogue doit traiter des causes profondes de la crise, sans exclusion préalable d’aucune question de fond, y compris la forme de l’Etat et avec une ouverture réelle aux aspirations légitimes des populations notamment la prise en compte du Rapport de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme (Cnpbm) communément appelée «Commission Musonge » . La cinquième condition pour la réussite du dialogue est l’observation internationale.
Afin de renforcer la crédibilité du processus, et compte tenu de l’ancrage historique de ce conflit, la présence de représentants de l’Onu, du Royaume-Uni, de la France et d’autres pays en tant qu’observateurs, ainsi que le soutien diplomatique apporté aux résultats du processus, constitueront le signe d’une avancée réelle vers une solution permanente et durable au conflit. La sixième et dernière condition est le processus de justice transitionnelle. Tout accord de paix durable devra s’accompagner de mécanismes de vérité, de responsabilité, de réparation pour les victimes et de garanties de non-répétition.
Au nombre des Osc signataires figurent
Conscience Africaine avec Amadu Tarnteh; Nouveaux droits de l’homme avec Cyrille Rolande Bechon; La Plate-forme de la société civile pour la démocratie avec le
Hilaire Kamga; Mandela Center International avec Jean Claude Fogno; Community human rights and advocacy center (Chrac) avec Fotoh Titus Abah; Volunteers for the consolidation of national unity (Voconu) avec Nformir Williams Ngange; Human is Rights avec Blaise Chamango; All women together avec Weguem Ideline; Association des amis du droit avec Hugues Pojumes; Solutions Cameroun avec Mangoua Samuel; Coalition de la société civile sur les droits de l’homme et la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest et dans les régions affectées avec Nformir Williams; Reconciliation and development association avec Ferdinant M. Sonyuy.
