Par Ilyass Chirac Poumie
Dans une longue lettre adressée à la nation et signée le 17 novembre, Issa Tchiroma Bakary, cité tout au long du document, dresse un bilan sombre mais déterminé de l’histoire politique du Cameroun. L’auteur y dénonce une tradition d’élections truquées et de résultats falsifiés héritée, selon lui, de la période coloniale française et prolongée jusqu’à l’ère de Paul Biya.
Issa Tchiroma Bakary rappelle que les premières grandes fractures démocratiques remontent aux années 1950, lorsque les leaders de l’UPC — Ruben Um Nyobè, Félix-Roland Moumié et Ernest Ouandié — furent éliminés alors même que leur mouvement gagnait en légitimité populaire. L’auteur établit un parallèle avec les épisodes de contestation qui ont marqué 1990, 1992 et 2018, décrivant une continuité de répression, de confiscation du pouvoir et de manipulation institutionnelle.
Selon Issa Tchiroma Bakary, le scrutin du 12 octobre 2025 s’inscrit dans cette lignée, mais marque également une rupture : « un président est élu, la Constitution est violée, les urnes sont foulées au pied », écrit l’auteur, avant d’affirmer que l’histoire ne fera plus marche arrière. Il qualifie la situation actuelle de « prise d’otage électorale », dénonçant la militarisation des institutions, la mise sous tutelle d’ELECAM et le reniement du Conseil constitutionnel.
Tout au long du texte, Issa Tchiroma Bakary se positionne comme serviteur du peuple souverain et appelle les Camerounais à une résistance disciplinée et non violente. Il exhorte les citoyens à rester solidaires, à ne pas céder à la provocation et à préserver leur détermination face à ce qu’il décrit comme un système bâti sur la peur et le mensonge.
Dans son message, l’auteur lance également un appel à la conscience internationale, rappelant que les Camerounais ne demandent « rien de plus et rien de moins » que le respect de leur vote. Il conclut en affirmant que « aucune force n’efface une victoire obtenue avec le cœur » et que l’histoire, désormais, avance au rythme du peuple camerounais. Issa Tchiroma Bakary, ancien ministre et figure politique de premier plan, conteste la proclamation officielle issue de la présidentielle de 2025. Sa lettre s’inscrit dans un climat de tensions politiques nourries par des accusations d’ingérence sécuritaire dans le processus électoral. L’auteur se présente comme président élu du Cameroun et appelle à une transition fondée sur la justice et la non-violence.
