Par Ilyass Chirac Poumie
La polémique enfle autour des obsèques d’Anicet Ekane. Dans une sortie publique particulièrement sévère, Mariana Simone Ekane a vivement critiqué l’Upc-Manidem dirigée par Albert Moutoudou, qu’elle accuse de tenter de récupérer politiquement la disparition de son frère.
Dans son message, la responsable du Manidem reproche notamment à cette formation d’avoir pris position contre le leader défunt lors du conflit interne qui l’avait opposé à Dieudonné Yebga. Elle affirme également que plusieurs responsables de l’UPC-Manidem se sont régulièrement opposés aux initiatives d’Anicet Ekane, allant jusqu’à saboter certaines de ses actions politiques.
Mariana Simon Ekane dénonce en outre l’absence de représentants de ce parti lors de la mise en bière organisée en début de semaine. Selon elle, l’UPC-Manidem n’aurait pas manifesté de solidarité durant les moments les plus difficiles traversés par le dirigeant du Manidem.
Dans sa déclaration, elle rappelle que le Manidem avait choisi de garder le silence par le passé à la demande d’Anicet Ekane lui-même, qui souhaitait éviter une escalade des tensions avec cette formation politique. Mais désormais, affirme-t-elle, les responsables du mouvement entendent répondre « coup pour coup » à toute tentative de récupération.
La secrétaire nationale du Manidem précise par ailleurs que les obsèques de l’ancien dirigeant seront organisées dans un cadre essentiellement politique, avec la participation annoncée de plusieurs forces de l’opposition et d’acteurs de la société civile, parmi lesquels des militants du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun de Maurice Kamto.
Elle conclut en appelant l’UPC-Manidem à « respecter le deuil » de la famille et des militants du parti, tout en rejetant toute tentative d’ingérence dans l’organisation des funérailles.
Figure historique de l’opposition camerounaise, Anicet Ekane dirigeait le Manidem (Mouvement africain pour la nouvelle indépendance et la démocratie). Son décès a suscité une vive émotion dans les milieux politiques et militants.
Depuis l’annonce de sa mort, plusieurs tensions sont apparues entre différentes factions issues de l’héritage de l’Union des Populations du Cameroun (UPC), révélant les divisions persistantes au sein de cette famille politique historique.
