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Cameroun | De nouvelles pièces du dossier Martinez Zogo relancent les interrogations sur de présumés projets visants à neutraliser J. Remy Ngono

Des échanges attribués à Bruno Bidjang et Martial Owona, versés au dossier de l'affaire Martinez Zogo, suscitent de nouvelles interrogations sur de possibles menaces visant le journaliste J. Remy Ngono. Ces révélations ravivent les débats sur la protection des journalistes et le traitement judiciaire des ramifications de l'affaire.

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Par Hajer Elina

La publication de nouvelles pièces issues du dossier d’instruction relatif à l’assassinat du journaliste Martinez Zogo continue de provoquer des réactions au Cameroun. Parmi les documents rendus publics figure une conversation attribuée à Bruno Bidjang et Martial Owona datant du 3 février 2023, dans laquelle il est question du journaliste et chroniqueur J. Remy Ngono, installé en France.

Selon la retranscription présentée comme l’annexe 7 du dossier, l’un des interlocuteurs demande : « Qu’est-ce que ton Père voudrait qu’on fasse de J. Remy Ngono ? ». Un autre message évoque ensuite la possibilité « d’activer les 8 blogueurs pour lui donner un droit de réponse » ainsi que « 10 gars pour le nak propre à Paris sans trace ».

Ces échanges, dont l’interprétation reste au cœur des débats, sont perçus par certains observateurs comme la manifestation d’une hostilité à l’égard de voix critiques qui commentaient alors l’affaire Martinez Zogo. Leur divulgation intervient alors que plusieurs accusés continuent de comparaître devant la juridiction militaire dans le cadre de cette affaire.

Les révélations ont également relancé les interrogations sur le climat entourant les journalistes et acteurs impliqués dans le suivi du dossier. Certains commentateurs établissent un parallèle avec les campagnes médiatiques visant récemment l’avocate de la famille Zogo, Me Félicité Zeifman, estimant que ces tensions pourraient contribuer à accroître les inquiétudes autour de la sécurité des personnes engagées dans la recherche de la vérité judiciaire.

Dans plusieurs prises de position relayées sur les réseaux sociaux, des voix appellent désormais les autorités compétentes à examiner spécifiquement le contenu de ces échanges afin de déterminer s’ils sont susceptibles de constituer des infractions ou des éléments pertinents pour l’enquête en cours.

L’affaire remet également sous les projecteurs le rôle du commissaire du gouvernement et de la justice militaire, alors que des organisations de défense de la liberté de la presse et de nombreux observateurs continuent de réclamer que toutes les ramifications du dossier soient examinées de manière exhaustive et transparente.

Le journaliste et animateur radio Martinez Zogo a été enlevé en janvier 2023 avant d’être retrouvé mort quelques jours plus tard. Son assassinat a provoqué une onde de choc au Cameroun et conduit à l’ouverture d’une vaste enquête impliquant plusieurs personnalités médiatiques, sécuritaires et économiques. Le procès se poursuit devant le tribunal militaire de Yaoundé, tandis que la publication progressive de certaines pièces du dossier continue d’alimenter le débat public sur les circonstances du crime et ses éventuelles ramifications.

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