Accueil » Cameroun | Le ministre des Finances ordonne à Mtn et Orange le blocage des téléphones de contrebande sous peine de sanctions fiscales

Cameroun | Le ministre des Finances ordonne à Mtn et Orange le blocage des téléphones de contrebande sous peine de sanctions fiscales

Constatant l’inertie des deux géants des télécoms après la réunion de concertation du 22 mai 2026, Louis Paul Motaze exige l'application immédiate du blocage des téléphones portables frauduleux et menace d'engager directement la responsabilité fiscale des opérateurs.

by Panorama Group, LLC
0 comments



Par Georges Parfait Owoundi

La tolérance de l’État camerounais face au marché noir des technologies mobiles vient de franchir un point de non-retour.

Dans une correspondance officielle datée du 4 juin 2026, le ministre des Finances (Minfi), Louis Paul Motaze, a adressé une mise en demeure sans équivoque aux Directeurs Généraux de Mtn Cameroun et d’Orange Cameroun à Douala. Le constat de l’autorité publique est sévère : les engagements pris de manière consensuelle ne sont pas respectés sur le terrain. Le ministre rappelle, d’entrée de jeu, le non-respect des résolutions prises deux semaines plus tôt avec l’administration douanière : « Il me revient de constater que la mise en œuvre des conclusions consensuelles issues de la réunion de concertation du 22 mai 2026 entre vos structures et la Direction Générale des Douanes, n’est pas suivie d’effet à date ».

Ce retard de mise en œuvre bloque une mesure importante : « la phase pilote d’interdiction d’accès au réseau local du stock des téléphones portables importés frauduleusement à partir du 1er avril 2026 », un mécanisme prévu par l’article sixième de la loi de finances 2023. Pour le gouvernement camerounais, cette passivité des opérateurs est lourde de conséquences. Le texte lie directement le marché noir à des problématiques majeures d’ordre public, évoquant ouvertement : « […] le volume croissant de téléphones importés en contrebande avec incidence budgétaire et sur la sécurité nationale ».

Face à ce double péril, l’ordre ministériel se veut impératif : « […] j’ai l’honneur de vous demander […] de bien vouloir instruire vos équipes techniques de la mise en œuvre urgente et complète desdites conclusions ». Pour briser la résistance des opérateurs, le ministre des Finances clarifie la méthode technique, tout en brandissant une sanction financière redoutable. Le blocage ciblera les identifiants uniques des appareils (IMEI) et non les puces des abonnés.

Surtout, les opérateurs ne pourront plus se dédouaner de leur passivité : « Il reste entendu que la systématisation du blocage des IMEIs non répertoriés dans la plateforme de suivi de la réforme, et non des numéros d’abonnés tel que véhiculé, demeure tributaire de la mise à niveau de toutes les parties concernées. De même, faut-il le rappeler, toute connexion au réseau local d’un terminal non dédouané, engage la responsabilité fiscale de la société de téléphonie permissive […] ».

En qualifiant les opérateurs de « permissive », le Ministère des Finances opère un glissement juridique majeur : si Mtn ou Orange laisse un téléphone de contrebande s’activer sur leur réseau, ce sont ces entreprises qui devront payer les droits de douane et taxes éludés à la place des contrebandiers. Le message est transmis avec ampliation au Ministère des Postes et Télécommunications (Minpostel), à l’Agence de Régulation des Télécommunications (Art) et à Camtel. Les opérateurs ont, désormais, le choix entre une collaboration technique immédiate ou une sanction financière lourde.

You may also like

0 0 votes
Évaluation de l'article
Subscribe
Notify of
guest

0 Commentaires
Need Help? Chat with us
Panorama Papers
Support online
0
Would love your thoughts, please comment.x
()
x