Par Ilyass Chirac Poumie
L’écrivaine camerounaise Calixthe Beyala a réagi avec ironie et fermeté aux accusations portées par des Fang du Gabon et de la Guinée équatoriale contre les Beti du Cameroun, accusés d’usurpation culturelle et identitaire. Dans son analyse, Calixthe Beyala remet en cause l’usage du terme « Ekang », qu’elle affirme ne pas désigner un peuple, mais plutôt des initiés au sein du groupe Fang-Beti.
Calixthe Beyala rappelle avoir, par le passé, défendu cette position, en se fondant sur son éducation dans la tradition eton, transmise par des anciens. Selon Calixthe Beyala, parler d’un « peuple Ekang » relève d’une confusion, les peuples de la forêt étant multiples et hétérogènes, incluant notamment les pygmées.
Abordant la question du Mvett, Calixthe Beyala réfute catégoriquement toute accusation de vol culturel. Elle affirme que le Mvett fait partie intégrante de la culture beti et que ses ancêtres eton n’ont nullement emprunté cet instrument aux Fang du Gabon ou de la Guinée équatoriale. Calixthe Beyala soutient que le Mvett appartient à la culture Fang-Beti dans son ensemble.
Enfin, Calixthe Beyala estime que l’Unesco aurait commis une erreur d’appréciation en associant le Mvett à une prétendue culture Ekang, qu’elle juge inexistante en tant que peuple structuré. Pour l’écrivaine, il existe des initiés Ekang Fang-Beti, mais non un peuple Ekang distinct.
Ces prises de position de Calixthe Beyala interviennent dans un contexte de débats récurrents en Afrique centrale sur l’identité, l’héritage culturel et la reconnaissance internationale des traditions, notamment à travers les classements et inscriptions patrimoniales opérées par des institutions comme l’Unesco.
