Par Ilyass Chirac Poumie
La mort d’Anicet Ekane continue de susciter une vive émotion et de lourdes accusations au Cameroun. Dans une tribune intitulée « Le double crime d’Anicet Ekane », Emmanuel Simh affirme que l’opposant a été victime d’une exécution extrajudiciaire suivie d’une profanation de son corps.
Selon l’auteur, Anicet Ekane serait décédé dans une chambre où il était placé sous surveillance permanente de deux gendarmes armés, une situation décrite comme oppressante et inhumaine. Emmanuel Simh évoque une mort sans jugement et sans assistance, qu’il assimile à une peine capitale appliquée en dehors de tout cadre légal.
Le texte attribue les raisons de cette issue tragique à l’engagement politique d’Anicet Ekane, notamment son soutien à Maurice Kamto, puis à Issa Tchiroma. Pour Emmanuel Simh, ces choix auraient valu à l’opposant une double sanction, politique et judiciaire.
Au-delà du décès lui-même, l’auteur dénonce également la gestion de la dépouille d’Anicet Ekane. Il affirme que le corps, encore sous main de justice, aurait fait l’objet d’actes de profanation, notamment à travers une autopsie réalisée sans la présence de la famille ni des avocats, malgré leur demande d’une procédure contradictoire.
Emmanuel Simh s’interroge enfin sur le refus présumé de remettre le corps aux familles biologique et politique du défunt, y voyant une volonté de prolonger la punition au-delà de la mort ou la crainte symbolique de l’influence persistante de l’opposant. Il conclut par un appel à laisser les proches pleurer Anicet Ekane.
Anicet Ekane était une figure politique camerounaise connue pour ses prises de position critiques et ses soutiens successifs à des leaders de l’opposition. Sa mort, survenue dans un contexte de détention et de surveillance sécuritaire, alimente de nouvelles accusations d’atteintes aux droits humains et relance le débat sur le traitement des opposants politiques au Cameroun.
