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Cameroun | Exclusion des anglophones dans les nominations à Socadel: Me. Nkongho dénonce une marginalisation persistante

L’avocat et défenseur des droits civiques Nkongho Felix Agbor alerte sur l’absence totale d’anglophones au sein du conseil d’administration de la nouvelle société de distribution d’électricité Socadel. Il y voit une nouvelle preuve d’un déséquilibre structurel dans la gouvernance camerounaise.

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Par Sandra Embollo

Au Cameroun, la publication d’un décret présidentiel portant nomination des membres du conseil d’administration de Socadel, la nouvelle entité issue de la restructuration du secteur de l’électricité, déclenche une vive polémique. Dans une déclaration ferme, Me Nkongho Felix Agbor dénonce l’exclusion totale des anglophones de cet organe stratégique, affirmant qu’il ne s’agit pas d’un simple oubli mais d’un symptôme d’un problème plus profond.

« Comment est-il possible qu’aucun anglophone ne soit représenté ? », interroge-t-il, pointant une marginalisation récurrente dans les institutions publiques. L’avocat rappelle que le Cameroun repose historiquement sur l’union de deux entités, anglophone et francophone, ce qui impose, selon lui, une représentation équitable dans les sphères décisionnelles.

Nkongho Felix Agbor critique également le silence des élites anglophones, des responsables politiques aux autorités traditionnelles, qu’il accuse de passivité face à cette situation. « Le silence face à un tel déséquilibre n’est pas de la neutralité, mais de la complicité », martèle-t-il.

Alors que le conseil d’administration de Socadel doit encore désigner ses principaux dirigeants, il estime qu’il reste une possibilité de corriger cette exclusion. Il appelle les décideurs à agir avec un sens de l’équité et de la cohésion nationale, tout en exhortant les leaders anglophones à « se lever » et à défendre activement les intérêts de leurs populations.
Cette sortie intervient dans un contexte marqué par une crise persistante dans les régions anglophones, où un conflit armé oppose depuis près de neuf ans des groupes séparatistes aux forces gouvernementales.

La question anglophone au Cameroun remonte à la réunification de 1961 entre les anciens territoires sous administration britannique et française. Depuis, de nombreuses voix dénoncent une marginalisation politique, économique et culturelle des régions anglophones. Cette frustration a dégénéré en conflit armé à partir de 2016, avec des revendications allant de réformes fédéralistes à l’indépendance des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

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