Par Hajer Elina
Dans une publication sur sa page Facebook, Aristide Mono rappelle qu’Ahmadou Ahidjo n’avait que 58 ans lorsqu’il annonça, le 4 novembre 1982, sa démission de la présidence de la République, officiellement pour des raisons de santé. Un âge confirmé par les archives consacrées à cette transition politique. Paul Biya, alors Premier ministre et successeur constitutionnel, lui succéda le 6 novembre.
« Lorsque Ahidjo démissionne, il n’a que 58 ans. Autant dire qu’il avait encore tout le temps devant lui pour diriger le pays et, si nécessaire, tuer les contestataires non armés afin de s’accrocher au pouvoir. Il avait encore l’âge de mourir au pouvoir ».
écrit Aristide Mono.
Le politologue souligne également qu’Ahidjo n’avait choisi pour lui succéder ni l’un de ses enfants, ni une personnalité issue de sa communauté ou de sa région d’origine, le Grand-Nord. Paul Biya, originaire du Sud du Cameroun, avait été désigné par le mécanisme constitutionnel de succession. À l’époque, ce choix avait d’ailleurs été considéré comme particulièrement remarquable compte tenu des différences régionales et religieuses entre les deux hommes.
Pour Aristide Mono, cet épisode de l’histoire politique camerounaise mérite aujourd’hui d’être relu à l’aune des débats sur la conservation du pouvoir et les logiques familiales ou communautaires de succession.
« On peut tout reprocher à Ahidjo, mais il n’était ni un égoïste jusqu’au-boutiste, ni un tribaliste ».
conclut le politologue.
Ahmadou Ahidjo avait dirigé le Cameroun de 1960 à 1982, soit plus de 22 ans à la présidence. Son départ volontaire du pouvoir demeure l’un des événements les plus marquants de l’histoire politique du pays.
