Par Ilyass Chirac Poumié
Dans sa note d’information n°146, l’organisation de défense des droits humains estime que tout nouveau verdict jugé complaisant, toute inertie supplémentaire ou toute réforme annoncée puis abandonnée dans les circuits institutionnels pourrait désormais être interprété comme la manifestation d’une volonté délibérée de l’État de tolérer la persistance des féminicides au Cameroun.
MCI cite notamment le Code de la famille, une réforme attendue depuis plusieurs années, mais toujours enfouie dans les arcanes institutionnels. Pour l’organisation, cet enlisement illustre le manque de détermination des pouvoirs publics à garantir une protection juridique efficace aux femmes et aux enfants. Cette dénonciation intervient alors que le Cameroun dispose pourtant d’un ministère spécialement chargé de la Promotion de la femme et de la Famille. Face à la multiplication des féminicides, la principale réponse publique de la ministre Marie-Thérèse Abena Ondoa s’est limitée à demander que des tee-shirts soient arborés en signe de protestation.
Une initiative symbolique largement en deçà de la gravité de la situation, alors que son département ministériel aurait notamment pu préparer et défendre une réforme législative spécifique auprès du gouvernement en vue de sa transmission au Parlement, renforcer les mécanismes de protection des victimes et saisir les administrations compétentes afin de favoriser des poursuites rigoureuses contre les auteurs de ces crimes. Mandela Center International prévient que la responsabilité nationale et internationale du Cameroun pourrait être engagée devant les mécanismes compétents de protection des droits humains si aucune réponse ferme et durable n’est apportée à cette recrudescence des violences faites aux femmes.
Cette sortie intervient dans un contexte particulièrement préoccupant, marqué par une succession de meurtres et de violences mortelles contre des femmes dans plusieurs localités du pays. Les organisations de la société civile réclament une loi spécifique, une meilleure protection des victimes, des enquêtes systématiques, des poursuites effectives et des sanctions suffisamment dissuasives.
