Par Joseph OLINGA N.
Ils sont des militaires appartenant aux corps des armées de terre, de l’air et de la marine. Tout à côté, leurs camarades de la gendarmerie nationale, du corps des sapeurs pompiers et ceux de la police nationale. Quoique les dénonciations soient faites à visages couverts, les murmures de leurs complaintes font écho dans un environnement où la règle est au mutisme, au nom des règles de disciplines et de réserves de mise dans la grande muette. Les dénonciations et révélations publiées par à coup sur les réseaux sociaux sont confirmées par des sources diverses à Panorama Papers.
Pour des raisons évidentes, le sergent Rémy (nom d’emprunt) que nous approchons ce 19 mai ne fait pas mystère de son étonnement quant au montants des primes reversés aux militaires de l’armée de terre, de l’air et de la marine en toutes circonstances. Un traitement de nouveau observé dans le sillage de la célébration de la fête de l’unité nationale qui connait son apothéose ce 20 mai avec la grande parade militaire, particulièrement attendue des spectateurs et téléspectateurs du défilé qui, de tradition, se tient au boulevard éponyme de la capitale politique du Cameroun, Yaoundé. “Il est difficile de vous expliquez les raisons qui justifient le fait que les primes des militaires de l’armée de terre, de l’air et de la marine soient au moins trois fois inférieures à celle de nos camarades du Bir et de la Dsp.”
Des sources concordantes au sein de l’armée soutiennent que les primes allouées aux militaires varient entre 10 et 100 mille Francs Cfa selon que le bénéficiaire soit un homme de rang ou un officier de haut rang. Des montants “ridicules” à en croire Séverin (nom d’emprunt) un adjudant de la gendarmerie nationale qui explique que “les hommes de rang dans la Bir reçoivent au moins 50 mille Francs Cfa pour les primes du 20 mai alors que nous autres (corps d’armée et gendarmerie) percevont à peine 10 mille Francs Cfa.” Dans le sillage de cet officier de la gendarmerie nationale, l’un de ses collègues de l’armée de terre indique que les officiers de même grade dans le Bataillon d’intervention rapide (Bir) et de la Direction de la sécurité présidentielle (Dsp) perçoivent des primes allant de 80 à 250 mille Francs Cfa pour certains.
Ces dénonciations faites sur le ton du murmure connaissent un écho plus retentissant chez les personnels du corps des sapeurs pompiers. Philippe (nom d’emprunt), un sous officier que nous rencontrons dans la zone du marché Mokolo exprime plutôt une certaine admiration pour ses collègues de l’armée de terre, de l’air, de la marine et de la gendarmerie. L’homme qui indique comptabiliser une quinzaine d’années de service soutient n’avoir “jamais” perçu de prime “sous quelque prétexte que ce soit”. Des affirmations réitérées par d’autres soldats du feu approchés quelques temps après. Les sapeurs-pompiers qui se revendiquent être un corps spécialisé au sein de l’armée camerounaise vivent mal leur exclusion du système de redistribution des primes. Un fait qu’il assimilent à “une grande injustice. Malgré le fait que nous aussi prenons d’énormes risques au quotidien pour sauver des vies.” se désole Patrick, un sapeurs-pompiers approché au quartier Ekounou, à Yaoundé.
Complaintes partagées par les personnels de la police nationale. Pour leurs participations à la parade de célébration de la fête de l’unité, les policiers rencontrés ce 19 mai dans les artères de la ville de Yaoundé indiquent diversement percevoir entre deux et cinq mille Francs Cfa pour les gardiens de la paix. Des primes qui varient entre six et 15 mille Francs Cfa, selon qu’on soit inspecteur, officier ou commissaire de police. Une disparité observée dans la redistribution des primes qui serait aussi vécue dans le processus de dotation des tenues et autres équipements de service.
