Par Ilyass Chirac Poumie
Le ministre du Travail et de la Sécurité sociale, Grégoire Owona, déclare ce 1er mai 2026 à Yaoundé qu’une revalorisation du Salaire minimum interprofessionnel garanti (SMIG) est envisagée afin d’atteindre un niveau « permettant de vivre décemment ». L’annonce, faite lors de la célébration de la Fête du travail, ne s’accompagne toutefois d’aucun chiffre ni calendrier précis.
Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une montée des critiques. Plusieurs voix rappellent que le ministre avait auparavant affirmé qu’un revenu de 36 270 Fcfa permettait de vivre convenablement au Cameroun. Une déclaration qui contraste avec son discours actuel appelant à une revalorisation pour garantir des conditions de vie décentes, soulevant des interrogations sur la cohérence des orientations défendues.
Par ailleurs, le Smig officiel est fixé à 41 875 Fcfa depuis février 2023, contre 36 270 Fcfa auparavant. Dans la pratique, des écarts persistent selon les secteurs, avec 43 969 Fcfa pour certains agents de l’État sous code du travail, 45 000 Fcfa dans le secteur agricole et 60 000 Fcfa dans d’autres branches. Ces niveaux restent largement inférieurs aux 100 000 Fcfa revendiqués par les organisations syndicales.
Dans un contexte de hausse continue du coût de la vie, d’augmentation des charges et des dépenses quotidiennes, de nombreux travailleurs expriment leur scepticisme face à cette nouvelle promesse. La question d’une revalorisation effective, capable d’améliorer concrètement le pouvoir d’achat, reste posée avec insistance.
La revalorisation du Smig constitue un enjeu social majeur au Cameroun depuis plusieurs années. Les syndicats dénoncent un décalage persistant entre les salaires minimums et le coût réel de la vie. Les autorités annoncent régulièrement des révisions, mais l’absence de mesures concrètes et rapides alimente une défiance croissante. Chaque célébration du 1er mai devient ainsi un moment de fortes attentes, souvent suivi de déceptions au sein du monde du travail.
