Par Armand Soussia
Le Cameroun se prépare à des funérailles d’État en hommage à Marcel Niat Njifenji, figure majeure des institutions et longtemps considéré comme le deuxième personnage de l’État. Mais à quelques jours de l’événement, l’attention se focalise sur une question centrale : la présence ou non de Paul Biya.
Âgé de 93 ans, le chef de l’État est réputé pour sa rare participation aux cérémonies funéraires publiques, y compris celles de hauts responsables ou de proches collaborateurs. Cette absence récurrente alimente spéculations et interrogations au sein de l’opinion, dans un contexte où le président s’est progressivement retiré de la scène publique au fil des années.
Décédé le mois dernier à Yaoundé des suites de problèmes de santé liés à l’âge, Marcel Niat Njifenji avait dirigé le Sénat pendant 13 ans, depuis la mise en place de cette institution en 2013. Son rôle institutionnel en faisait, selon l’ordre constitutionnel, le successeur potentiel du chef de l’État en cas de vacance du pouvoir.
Son retrait officiel de la vie publique était intervenu quelques jours seulement avant sa disparition. Sa mort marque la fin d’une séquence politique importante pour la chambre haute du Parlement camerounais.
Les obsèques de Marcel Niat Njifenji, prévues dans son fief de Bangangté, suscitent une forte attente. L’éventuelle présence de Paul Biya est perçue comme un signal politique et symbolique majeur, tant pour la classe dirigeante que pour l’opinion publique.
À ce stade, aucune confirmation officielle n’a été donnée par la présidence sur la participation du chef de l’État à ces funérailles.
Le Sénat camerounais, institué en 2013, constitue la chambre haute du Parlement dans un système juridique combinant traditions francophone et anglophone. Marcel Niat Njifenji en a été le premier président, jouant un rôle clé dans la structuration de cette institution.
Au pouvoir depuis 1982, Paul Biya figure parmi les dirigeants les plus anciens au monde. Sa présence publique s’est faite de plus en plus rare ces dernières années, renforçant les interrogations sur sa participation aux événements officiels majeurs.
