Par Ilyass Chirac Poumie
Les dernières nominations dans l’armée pourraient n’être que la première étape d’une recomposition beaucoup plus vaste du pouvoir à Yaoundé. Le 3 août, Paul Biya a signé une série de décrets portant notamment promotion de cinq colonels au grade de général et changement à la tête de la Garde présidentielle. La présidence camerounaise a officiellement publié ces actes.
Ces mouvements interviennent dans un contexte particulièrement sensible, alors que Paul Biya reste absent du Cameroun depuis son départ pour la Suisse le 7 juin et que les interrogations se multiplient sur l’après-Biya. Plusieurs médias ont interprété la réorganisation militaire comme un élément majeur du dispositif de sécurisation d’une éventuelle transition au sommet de l’État.
Au cœur de ces grandes manœuvres apparaît désormais Franck Biya. Selon Africa Intelligence, les tractations pour l’après-Paul Biya se sont accélérées ces dernières semaines et une partie du clan présidentiel se rassemble autour du fils aîné du chef de l’État, qui jouerait discrètement un rôle d’intermédiaire pour son père. Le média spécialisé évoque même la perspective d’une succession dynastique, au moins pendant une période de transition.
Dans les cercles du pouvoir, de nouveaux bouleversements sont également annoncés. Des mouvements touchant la haute administration et le parti au pouvoir sont évoqués, avec en toile de fond une possible neutralisation de certains réseaux d’influence avant l’ouverture d’une nouvelle séquence politique.
Franck Biya s’apprête-t-il à prendre le pouvoir ? À Yaoundé, la question n’est plus seulement alimentée par les médias sociaux. Elle s’inscrit désormais dans une véritable bataille de succession documentée par plusieurs médias, au moment où l’armée vient de connaître l’un de ses plus importants réaménagements récents et où l’absence prolongée de Paul Biya entretient l’incertitude.
La succession de Paul Biya est devenue l’un des principaux sujets de la vie politique camerounaise. La réforme constitutionnelle adoptée en avril a notamment réintroduit la fonction de vice-président, dont le titulaire doit être nommé par le chef de l’État. Une fausse information avait alors circulé sur les médias sociaux annonçant Franck Biya à ce poste, information démentie et vérifiée comme fausse par l’Afp.
Depuis, la situation a profondément évolué : absence prolongée de Paul Biya, réorganisation de l’armée, repositionnement des différents clans du sérail et montée en puissance du nom de Franck Biya dans les scénarios de transition. Pour l’heure, aucun acte officiel ne lui transfère cependant la présidence. Mais dans les coulisses du pouvoir camerounais, la bataille de l’après-Biya est désormais ouvertement engagée.
