Par Joseph OLINGA N
Pour les observateurs de la scène socio-économique et politique camerounaise, c’est la plus grande enquête jamais ordonnée par le chef de l’Etat camerounais, Paul Biya.
Entre les années 2010 et 2021, les dépenses induites des lignes budgétaires 94 et 65 ont franchi le seuil de 5400 milliards de Francs Cfa. Des décaissements objets de doutes du fait du manque de transparence sur les procédures. En valeur relative, les ressources décaissées dans le cadre de l’exécution des lignes 94 et 65 représentent environ 12% des dépenses de l’Etat camerounais au cours de leurs douze années d’exécution.
Les données recueillies auprès du Contrôle supérieur de l’Etat, le Consupe, indiquent que partis de 2570 milliards de Francs Cfa au cours de l’exercice budgétaire 2010, les décaissements attribués aux lignes 64 et 65 ont atteint le seuil de 2975 milliards quatre ans plus tard, avant de culminer a 4810 milliards en 2018, puis 5156 milliards en 2019 avant de connaitre une légère chute, en retombant a 5090 milliards, au cours l’exercice 2021.
Audit présidentiel
En clair, la ligne 65, consacrée aux dépenses administratives, aux missions spéciales et a la prise en charge des services « particuliers » de l’Etat a mobilise 3598 milliards de Francs Cfa en douze ans. Dans le même temps, la ligne 94 destinée aux investissements publics, aux subventions et aux appuis directs de l’Etat aux projets des entreprises et sociétés d’Etat a mobilise environ 1850 milliards de Francs Cfa.
Face aux incohérences relevées dans la gestion de ces lignes dites de souveraineté, le chef de l’Etat camerounais a instruis, a travers une instruction relayée par le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngo Ngoh l’exécution d’un audit sur la gestion des ressources mobilisées entre 2010 et 2021 dans le cadre de la gestion des lignes 65 et 94.
Des lignes budgétaires dont les incohérences dans l’exécution mettent en scène la responsabilité de plusieurs acteurs gouvernementaux, en premier chef.
