Par Joël Onana
Les services de la Gendarmerie nationale ont mis fin aux activités présumées de deux faux gendarmes qui semaient la peur parmi les commerçants de la capitale camerounaise. Les deux hommes ont été arrêtés à Afanoyoa, dans le 3ᵉ arrondissement de Yaoundé, à l’issue d’une opération ciblée menée lundi, avant d’être présentés à la presse.
Selon les premiers éléments de l’enquête, les suspects sont identifiés comme Kévin T., 33 ans, qui se faisait passer pour un « capitaine » de la gendarmerie, et Joseph H., 30 ans, surnommé « Vautour ». Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir monté un système d’extorsion consistant à se présenter en uniforme de la Gendarmerie nationale pour soutirer de l’argent à des commerçants sous divers prétextes.
Les enquêteurs indiquent que les mis en cause affirmaient être en mission ou en détachement auprès de la Première région de gendarmerie afin de donner de la crédibilité à leurs interventions. Profitant de l’autorité que confère l’uniforme militaire, ils exigeaient des paiements aux commerçants, qui cédaient sous la pression et la crainte de représailles.
Les investigations révèlent que le duo opérait dans plusieurs zones commerciales de Yaoundé, notamment au marché Mokolo, à Elig-Edzoa, à Nkoabang et dans le secteur d’Afanoyoa, où leur cavale a finalement pris fin.
Les autorités estiment qu’au moins quinze commerçants ont été victimes de cette escroquerie. Le préjudice financier est évalué à plus de huit millions de francs CFA, une somme importante pour ces petits opérateurs économiques.
Une enquête judiciaire est en cours afin de déterminer l’origine des uniformes militaires utilisés par les suspects, d’identifier d’éventuels complices et de retrouver d’autres victimes éventuelles. Les deux hommes devront répondre devant la justice de faits présumés d’usurpation de titre, d’extorsion de fonds et de complicité de vol d’effets militaires.
Les forces de défense et de sécurité camerounaises multiplient ces derniers mois les opérations visant à lutter contre les cas d’usurpation de fonction et les réseaux utilisant frauduleusement des uniformes militaires pour commettre des actes de racket ou d’escroquerie. Les autorités appellent les populations, notamment les commerçants, à signaler tout comportement suspect et à vérifier l’identité des agents procédant à des contrôles ou à des opérations de perception d’argent.

https://shorturl.fm/YeKCk